‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 131 sur 269 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DORANTE, CLITON

Je crains peu les effets d’une telle menace.

CLITON

Vous vous rendez trop tôt et de mauvaise grôce;

, ACTE V, SCENE fV. ï8j

Et cet esprit adroit qui Fa dupé detïx fois,

Devoit en galant homme aller jusque» à trois r

Toutes tierces, dit-on , sont bonnes ou mauvaises.

DORANTE. -

Gliton , ne raille point, que tu ne me déplaises : D’uu trouble tout nouveau j’ai Fesprit agité.

CLITON

N’est-ce point du remoîrds d’avoir dit vérité?

Si pourtant ce n’est point quelque nouvelle adresse; Gar je doigte à présent si vous aimez Lucrèce , x Et vous vois si fertile en semblables détours,

Que , quôi que vous disiez , je l’entends au rebours.

* * DORANTE

Je l’aime; et sur ce point ta défiance est vaine :

Mais je hasarde trop , et c’est ce qui me gêne.

Si son père et le mien ne tombent point d’accord , Tout commerce est rompu, je fais naufrage au port. Et d’ailleurs, quand l’affaire entre eux seroit conclue, Suis-je sur que la fdle y soit bien résolue? . •

J’ai tantôt vu passer cet objet si charmant :

Sa compagne, ou je meure, a beaucoup d'agrément. Aujourd’hui que mes yeux l’ont mieux examinée, De mon premier amour j’ai l’ame un peu gênée : Mon cœur entre les deux est presque partagé ;

Et celle-ci l’auroit, s’il n’étoit engagé.

c l rr o n. -

Mais pourquoi donc montrer une flamme si grande, Et porter votre père à faire la demandé ?

Il ne m’anroit pâs cru , si je ne l’a vois fait.

CLITO». * • j y

Quoi ! même en disant vrai, vous mentiez en effet?

• DOBAKTE. f . w . t *

C’étoit le seul moyen d’appaiser sa colère.

Que maudit soit quiconque a détrompé mon père! Avec ce faux hymen j’aurois eu le loisir

De consulter mon cœur, et je pourrois choisir.*

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