LE PRINCE
i » ■ TV/T
> ItAonse
NSEIGNEC*;
Rodognnê se ,p résente a votre Altesse avec quelque sorte de confiance, et ne peut croire qu’après avoir fait sa tonne fortune , vqus dédaigniez de la prendre en votre protection. Elle a trop dè cônnoissance de Votrè boüto pour craindre que vous vouliez laisser votre ouvrage imparfait, et lui dénier la continuation des grâces dont vous lui avez été si prodigue. C’est à yotre illustre] suffrage qu’elle est obligée de tout ce
ai O 1 : PITRE ■'
qu’elle a reçu d’applaudissement ; et les fav o,rables regards dont il vous plut fortifier la faiblesse de sa naissance lui donnèrent tant â éclat et de vigueur, qu’il scmbloit que vous eussiez.pris plaisir i répandre sur elle un rayon de Cette gloire qui Vous -environne j et à lui faire part de cette facilité de vaincre qui vous suit partout. Après cela, Monseigneur, quels hommages peut-«lle rendre à votre Altesse qui ne soient au-dessous de ce qû’elle lui doit? Si elle tâchexle lui témoigner quelque reconnoissance par l’admiration de ses vertus, où trouvera-t-elle des éloges dignes de cette main qui fait trembler tous nos ennemis , et dont les coups d’essai furent signalés par la défaite des premiers capitaines de l’Europe? Votre Altesse sut Vaincre avant qu’ils se pussent imaginer qu’elle sût combattre ; et ce grand courage, qui n’avoit encore vu la guerre que dans les livres, effaça tout ce qu’il y avoit lu des Alexandre et des Césàr , sitôt qu’il parut à la tête d’nne armée. La générale consternation où la'perte de notre grand monarque nous avoit plongés enfloit l’orgueil de nos adversaires en un tel point , qu’ils osoient se persuader que du siège de Rocroi dépe.ndoit la prise de Paris j et l’avidité de leur embition dévoroit déjà le cœur d’un royaume dont ils peusoient avoir surpris les frontières : cependant les premiers miracles de votre valeur renversèrent si pleinement toutes leurs espérances,
- que ceux-là même qui s’étoient promis tant de conquêtes sur nous, virent terminer la campa-
v déd-içjitoi R£. ' . Vl
gn© do cette même année par celles que voùsfites sur eux; Ce fut ftoUV-MoNSEicym* <Û»e v<m* -• commençâtes çes grandes victoires que vous avfez toujours si bien choisies qu’elles ont honore deux: règnes tout à la lois , comme si c’eut été trop peu pour votre Altesse d’étendre les bornes de 1 Ltat ÿous celui-ci, si elle n’eût en même temps eflacé (fuclques-uns des malheurs qui s’éloiént mêlêfe aux longues prospérités de l'autre. Thiouville*, PhilisbouVg ètNorliughcn étoient des lieux funestes pour la France; elle n’en pouvoir entendre les noms. sans gémir; elle ne poqyoït y porter sa pensée sans soupirer : et ces memes lieux, r dont le souvenir lui arrachoit des soupirs et des gémissemens j sont devenus les éclatantes mai^ . qûes de sa nouvelle félicité, les dignes occasionsde ses feux de joie , et les glorieux sujets des actions-de grâces qu’elle a rendues au ciel pour les •triomphes que votre courage invincible en a obtenus. Dispcnsez-moi , Monseigneur , de \ ous parler de Dunkerque j’épuise toutes les forces de mon imagination , et je ne conçois rien qui ré- » ponde à la dignité de ce grand ouvrage, qui nous vient d’assurer l’Océan par la prise de cette fameuse retraite de corsaires. Tous nos havres en étoient comme assiégés, il n’en pouvoit échapper un vaisseau qu’à la merci de leurs brigandages £ et nous en avons vu souvent de pillés à la vue des mêmes ports dont ils venoient de faire voile i
et maintenant, par la conquête d’une seule ville,
je vois, d’un côté, nos mers libres, nos côtes
aia
'sm
EPITRE DKJ) ICATOIRB. '
affrariclùes, notre commerce rétabli , la racine de , rtosmauxpublics coupée; d’autre côté, la Flandre , ouverte, l’embouchure de ses rivières captive, la . porte de son secours fermée, la source dé son abondance en notre pouvoir; et ce que je vois ja’estrién encore au prix de ce que je prévois sitôt que votre Altesse y reportera la terreur de se* armes. Dispenscz-moi donc, Monseigneur, de •profaner des effets si merveilleux , et des. atten- . tes si hautes , par la bassesse de mes idées - , -et par l’impuissance de mes expressions; et trouvez bon que, demeurant dans un respectueux silence , je n’ajoute rien ici qu’une protestation très-inviolable d’être toute ma vie,
. • *• -v. .‘XV
Monseigneur, •
V de votre Altesse,
\ Xàtrcs-!humble, très-obéissant ■ • * çt très-passionné serv iteur,
> * ’’ £. CORÎÏEILLE»
it '
' , ; -préfacé