‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 163 sur 269 · ACTE Ilj SCÈNE iy. . , a · texte numérisé non relu

ACTE Ilj SCÈNE iy. . , a

Et de.quellcs horreurs nous doit-elle combler, „„ Si pour monter au trône il faut te ressembler] *“

ANTIOC11US.

Gardons plus de respect aux droits de la nature ,

Et n’imputons qu’au sort notre triste aventure :.>• Nous le nommions cruel ; mais il nous étoit doux Quand il ne nous donnoit à combattre que nous. Confidens tout ensemble et rivaux l’un de l’autre, N-cfus ne concevions point de mal pareil au nôtre; Cependant, à nous voir l’un de l’autre rivaux,

Nous ne concevions pas la moitié de nos maux. . '

’SÉ EEUCU.fi.

Unis douleur si sage et si respectueuse *S •

Ou n’est guère sensible, ou guère impétueuse;

Et c’est en de tels maux avoir l’esprit bien fort ' 'D’en connoître la cause , et l’imputer au sort.

Pour moi , je sens les miens avec plus de foiblesse ; Plus leur cause m’est chère, et plus l’effet m’en blesse. Non que pour me venger j’ose entreprendre rien;

Je donnerois encor tout mon sang pour le sien;

Je sais ce que je dois : mais dans cette contrainte,

Sr je retiens mon bras , je laisse aller ma plainte ;

Et j’estime qu’au point qu’elle nous a blessés,

Qui ne fait que s’en plaindre a du respect assez. Voyez-vous bien quel est le ministère infâme Qu’ose exiger de nous la haine d’une femme ?

yoyez-vous qu’aspirant à des crimes nous’ eaux,

De deux princes ses fils elle fait ses bourreaux?

Si vous pouvez le voir, pouvez-vous vous eu taire?

ANTIOCHUS

Je vois bien plus encor, je vois qu’elle est ma mère ;

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El^plus je, vois son crime indigne de ce rang,

Plus je lui vois souiller la source de mon sang. f J’en sens de ma douleur croître la violence;

Mais ma confusion m’impose le silence ,

Lorsque dans ses forfaits sur nos fronts imprimes - JeVois les traits honteux dont nous sommes formés. Je tâche à- cet objet d’être aveugle ou stupide ; 'J’ose me déguiser jusqu’à son parricide ;

Je me cache à moi-meme un excès de malheur Ou notre ignominie égale ma douleur;

Et détournant les yeux d’une mère cruelle , J’rmpulc tout au sort qui m’a lait naître d elle.

Je conserve pourtant encore un peu d’espoir i Elle est mère, et le sang a beaucoup de pouvoir; Et le sort l’eùt-il faite encor plus inhumaine , .

Lue larme d’un fils peut amollir sa haine. >• séle ucüs.

Ah! mon frère , l’amour n’est guère véhément Pour des fils élevés dans un bannissement,

Et qu’ayant fait nourrir presque dans l’esclavage Elle n’a rappelés que pour servir sa rage.

De ses pleurs tant vantés je découvre le lard-;

Nous avons en son cœur vous et moi peu de part : Elle fait bien sonner ce grand amour de mère;, Mais elle seule enfin s’aime et se considère;

Tît, quoi que nous étale un langage si doux,

Elle a tout fait pour elle , et n’a rien fait pour nous. Ce n’est qu’un faux amour que la haine domine f

Nous ayant embrassés, elle nous assassine ,

En vent au cher objet dont nous sommes épris,

Nous demande son sang , met le trône à ce prix.

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