‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 174 sur 269 · SL · texte numérisé non relu

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Lorsque l’obéissauce a tant d’impiété La révolte devient une nécessité.

antiochus.

La révolte', mon frère, est bien précipitée Quand la loi quelle rompt peut être rétractée ;

Et* c’est à nos désirs trop de témérité De vouloir dé tels biens avec facilité.

Le ciel par les travaux, veut qu’on monte à la gloire Pour gagner un triomphe il faut une victoire.'

Mais que je tâché en vaiu de flatter nos tour.mens ! Nos malheurs sout plus forts que ces déguisemeus. Leur excès a mes yeux paroi t un noir abîme Où la haine s’üpprcte à couronner le crime,

Où la gloire est sans nom , la vertu sans honneur ; Où sans un parricide il n’est point de bonheur;

Et 'vçyaut de ces maux l’épouvautablc image,

Je, me sens affoiblir quand je vous encourage;

Je' frémis,’, je chancelle ; et mon cœur abattu Suit tantôt sa douleur , et tantôt sa vertu.

Mon frète , pardonnez ù des discours sans suite Oui font trop voir le trouble où mon ame est réduite. S ÉLEUCU s.

J’en ferois comme vous , si mon esprit troublé Ne secouait le joug dont il est accablé.

Dans mon ambition , dans l’ardeur de ma flamme,

Je vois Ce qu’est un trône, et ce qu’estüne femme; Et, jugeant par leur prix de leur possession , J’éteins enfin ma flamme et mon ambition ;’ ~

Et je vous céderois l’un et l’autre avec joie,

Si , dans la liberté que le ciel me renvoie , “ ••

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> ' ACTE III, S ci WF. V\* ' 263-

La crainte de vous faire un luueste présent He-me jetoit«Jans l’amc un records trop cuisant. Dérobons-nous, mon frère, k ces âmes cruelles,

Et laissons-les sans nous achever leurs querelles.

AWTIOCHUS.

Comme j’aimebcaucoup, j'espèrecncore un peu- * i. L’espoir ne peut s’éteindre où brûle tant defeu;- Et son restée confus me rend quelques lumières Pour juger mieux que vous de ces âmes si fières. • Croyez-moi, l’une etf autre a redouté nos pleurs: Leur fuite à nos soupirs a dérobé leurs cœurs;

Et, si tantôt leur haine eût attendu nos larmes., Leur haine k nos douleurs auroit rendu les armes.

se le u eu s. . '

Pleurez donc k leurs yeux , gémissez , soupirez, ‘* r ~ ' Et je-eraindrai pour vous ce que vous espérez.

Quoi qu’en votre faveur vos plèurs obtiennent d’eljes Ï1 vous faudra parer leurs haines mutuelles,

Sauver Tune de l’autre; et peut-être leurs coups, Ypus trouvant au milieu, né perceront que vous C’est ce qu’ilfaut pleurer. JN'i. mai tresse, ni mère, N’ont plus de choix ici, ni de lois k nous faire;

Quoi que leur rage exige ou de vous ou de moi , Rodogune est k vous puisque je vous fais roi. -> Épargnez vos soupirs près de l’une et de l’autre.

J’ai trouvé mon bonheur /saisissez-vous du vôtre.

Je n’en suis point jaloux; et ma triste amitié îfe le verra jamais que d’un œil de pitié. i

S>.64 RODOOÜNE, ACTE IH, SCÈrtE VI. ''•/-.VS

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