R O D O GU NE
Si c’est son cœur en vous qui revit et qui m’aime ,
Faites ee qu’il feroit s’il vivoit en lui-même ;
A ce cœur qu’il vous laisse osez prêter un bras : - t* Pouvez-vous le porter, et ne l’écoùter pas ?
S’il vous explique mal ce qu’il en doit attendre,
Il emprunte ma voix pour se mieux faire entendre. Une seconde fois il vous le dit par moi ;
Prince , il faut le venger.
ANTIOCHUS
. J’accepte cette loi.
Nommez les assassins , et j’y cours.
ACTîiv/seàrçE HGÊÈ*
IlODOGüJL.
* V . - / V Quel mystère
Vousfait , en l’acceptant , méconnoîtrc une mère ? ANTIOCUU s.
Ah! éi vous 11e voulez voir finir nos destins, Nommez d’autres vengeurs , ou d’autres assassins.
ROUOGUNE.
Ah! je Vois trop régner son parti dans votre ame , Prince , vous le prenez i
A N ti o eu u s.
Oui, je le prends, Madame j Et-j’apporte à vos pieds le plus pur de son sang , Que la nature enferme en ce malheureux flanc. Satisfaites vous-même à cette voix secrète Dont la vôtre envers nous daigne être l’interprète Exécutez son ordre ; et hâtez-vous sur moi De punir une reine, et déveuger un roi : . , -
Mais quitte par ma mort d’un devoir si sévère, ,
Ecoutez-en un autre en faveur de mon frère.
De deux princes unis a soupirer pour vous Prenez l’un pour victime , et l’autre pour époux $ Punissez un des fils des crimes de la mère ,
Mais payez l’autre aussi des services du père ;
Et laissez un exemple à la postérité Et de rigueur entière , et d’entière équité.
Quoi ! n’écouterez-vous ni l’amour ni la haine ?
.Ne pourrai-je obtenir ni salaire ni peine ?
Çe cœur qui vous adore, et que vous dédaignez.... rodogune.
Hélas ! prince !
A NT ioch u s; : *- '
y * . ; . Est-ce encor le roi quç vous plaignez ?
non oc u ne. — . . ' '
' Allez , ou pour le moins rappelez votre frère»
Le combat pour mon ame étoit moins 'dangereux Lorsque je vous «vois à combattre tous deux : v
Vous êtes plus fort seul que vous n’étiez ensemble Je vous brav ois tantôt , et maintenant je tremble. J’aiule ; n’abusez pas , prince , de mon Secret :
Au milieu de ma haine il m’échappe à regret $ Mais.enfin il m’échappe , et celte retenue *' Ne peut plus soutenir l’effort de votre vue.
Oui , j'aime un de vous deux malgré ce grand courroux Et' Ce dernier soupir dit assez que c’est vous.
Un rigoureux devoir a cet amour s’oppose :
Nc'm’en accusez point , vous en êtes la cause ;
Vous l’avez fait renaître en me pressant d'un choix Qui rompt de vos traités les favorables lois.
<*|D’un père mort pour moi voyez le sort étrange* . ' Si vous me laissez libre, il faut que je le venge)
Et mes feux dans mou ame out beau s’en mutiner,
Ce n’est qu’à ce prix seul que je puis me donner.
Mais ce n’est pas de vous qu’il faut que je l’attende ) Votre refus est juste autant que ma demande.
A force de respect votre amour s’est trahi :
Je voudrois vous haïr s’il m’avoit obéi j 'Et je n’ estime pas l’iionncur d’une vengeance Jusqu’à vouloir d’un crime être la récompense. Bénirons donc sous les lois que m’impose la paix, Puisque m’en affranchir c’est vous perdre à jamais. Prince , en votre faveur je ne puis davantage : L’orgueil de ma naissance enfle encor mon courage ;
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