‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 181 sur 269 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Xw'ii o ça ns . , . • •

Leurs charmes à nos cœurs sont également <îoux. Nous périrons tous deux, s’il faut périr pour vous; Mais aussi....

CLEOPATRE

Poursuivez , fils ingrat et rebelle.

ANTIOCHTJS.

Nous périrons tous deux s’il faut périr pour elle.

' Cï> EOPATRE.

Périssez , périssez ; votre rébellion Mérite plus d’horreur que de compassion.

Mes yeux sauront le voir sans verser une larme, Sans regarder en vous que l’objet qui vous charme; Et je triompherai , voyant périr mes fils , ,

De ses adorateurs , et de mes ennemis.

ANTIOCHUS

Eli bien, triomphez-eu; que rien ne vous retienne : Votre main tremble-t-elle? y voulez-vous la mieuùe? Madame , commandez, je suis près d’obéir;

Je percerai ce cœur qui vous ose trahir.

Heureux si par ma mort je puis vous satisfaire, •

Et noyer dans mon sang toute votre colère ! . .. Mais si la dureté de votre aversion Nomme encor notre amour une rébellion ,

Du moins , souvenez-vous qu’elle n’a pris pour armes Que de foibles soupirs et d’impuissantes larmes.

CLEOPATRE

Ah ! que n’a-t-elle pris et la flamme et le fer î Que bien plus aisément j’en saurois triompher’ ! .

Vos larmes dans mon cœur ont trop d’intelligence ; Elles ont presque éteint cette ardeur de vengeancç :

1 09 Ghogle

ÈÊËÊiOlttàM&tk

. • - B O D'O GÜ NE. \ .

: Je 1^0 puisYnfusér'des soupire S vos pleurs »

Je s£ns que je snjs rnèré auprès de vos jadutcûrs. C’eti est fait , je me rends, et ma colère expire. Rodogiine càt K vous , aussi bien que l’empire ; ,* Rendez grâces aux dieux qui vou/oiit fait l’aîue'. Pos$édcz-la , régnez.

ANTIOCntJS.

O moment fortuné 1

O trop heureuse fin de l’exccs de ma peine!

Je~ rends grâces aux dieux qui calment votre haine. Madame j est-il possible?

\ cleo pâtre. .

* ■ En vain j’ai résisté,

ia nature est trop forte, et mou cœur s’est domté. ^ Je 11e vous dis plus rien ; vous aimez votre mèrdfc ■ * Et votre amour pour moi taira ce qu’il faut taire.

A NT i o en u s. ‘4

Quoi! je triompha donc sur le point de périr!

Eft main qui me. blessoit a daigne me guérir?

/,* £ .. ' CLEOPATRE

Oui , je veux couronner une flamme si belle.

Allez à la Princesse en porter la nouvelle.» .

Spu cœur comme le vôtre en deviendra cbarhié ; Vous n’aimeriez pas tant si vous n’étiez aimé.

.* r ART 10 CBU.S.

Heureux Antiochus ! heureuse Rodognne !

Oui , Madame, entre nous la joie en est commune.

CLÉOPÂTRE

Allez donc; ce qu’ici vous perdez de momens'.’* WSont aûtant de larcins à vos conten tenions

A%TE- I ÿ,' SCÈNE- V.

Et ce soir r déstiné pour la cérémonie j

• l eift voir pleinement si ma haine est finie.

ASTlOCai’S. ■ •. . •

Et nous vous ferons y Sir tournas désirs bornés,

A vous donner en nous des sujets couronnés.

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