ACTE V, SCENE V
CLEOPATRE
Va , tu me veux en vain rappeler à la vie;
Ma haine est trop fidèle et m’a trop bien servie: Elle a paru trop tôt pouf 1 le perdre avec moi;
C’est le seul déplaisir qu’en mourant je reroi.
Mais j’ai cette douceur dedans celte disgrâce ,
De ne voir point régner ma rivale en ma place. Règne; de crime en crime enfin te voilà roi :
Je t’ai défait d’un père, et d’un frère et de moi. Puisse le ciel tous deux vous prendre pour victimes; Et laisser choir sur vous les peines de mes crimes! Puissiez- vous ne trouver dedans votre union Qu'liorreur, que jalousie et que confusion!
Et, pour vous souhaiter tous les malheurs ensemble, Puisse naître de vous un fils qui me ressemble!
À n ti oc nu s.
Ah! vivez pour changer cette haine en amour.
CLEOPATRE
Je maudirois les dieux s’ils me rendoient le jour. Qu’on m’emporte d’ici : je me meurs. Laouiçc ,
Si tu veux m’obliger par un dernier service ,
Après les vains efforts de mes inimitiés,
Sauve-moi de l’affront de tomber à leurs pieds. ('Elle s’en va , et Laonice lui aide à marcher.)
f SCÈNE V.