‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 195 sur 269 · AN T I OC U U S · texte numérisé non relu

AN T I OC U U S

Vous m’arrêtez en vain :

Donnez. > • -,

• * O D O G TJ H f .

Ah! gardez-vous de l’une et l’autre main.

Cette coupc est suspecte , elle vient'dë la reine;

, Craignez de toutes deux’ quel que secrète haiqe.

CLEOPATRE

. Qui m’épargnoit tantôt ose enfin m’accuser !

ro do g itnè! • * ;

De toutes deux , Madame , il doit tout refuser, RÉPERTOIRE. Tome». H. U 5

tTT

2q4 rodogune.

Je n’accuse personne, et vous tiens innocente;

Mais il en faut sur l’heure une preuve évidente :

Je veux bien à mon tour subir les mêmes lois. *

On ne peut craindre trop pour le salut des rois. Donnez donc cette preuve, et, pour toute réplique, Faites-en faire essai par quelque domestique.

y •*£ cléopatre , prenant la coupe.

Je le ferai moi-même. Eh bien, redoutez-vous - Quelque sinistre effet encor de mon couroux? f J’ai souffert cet outrage avccque patience. 'ft-

antïochus, prenant la coupe de la main de • Cléopâtre apres quelle a bu. **

Pardonnez-lui, Madame, un peu de défiance * •

Comme vous l’accusez, elle fait son effort A rejeter sur vous l’horreur de cette mort ;

Et soit amour pour moi, soit adresse pour elle,'. 4 Ce soin la fait paroître un peu moins criminelle. Pour moi, qui ne voit rien, danslc trouble oujesuis, Qu’un gouffre de malheurs, qu’un al^mc d’ennuis, Attendant qu’eu plein jour ces vérités paroissent, J’en laisse la vengeance aux dieux quilescounoissent, Et.vais, sans plus tarder...

rodogune.

Seigneur, voyez ses yeux Déjà tout égarés, troubles et furieux ,

Cette affreuse sueur qui court sur son visage,

Cette gorge qui s’enfle. Ah ! bons dieux ! quelle rage ! Pour vous perdre après elle, elle a voulu périr.

antïochus, rendant la coupe à Laonice.

N’importe , elle est ma mère, il faut la secourir.!

Page 1