ACTE SECOND
SCÈNE I
P R U S I Aï. b
Tvevenir sans mon ordre, et se montrer ici î-
ARA SPE
Seigneur, vous auriez tort d’en prendre aucun souci j Et la haute vertu du prince ï\icoïnède Pour ce qu’on peut eu craindre est ün puissant remède. Maislout autre que Jyi devroit élre suspect :
! retour si soudain manque un peu de respect ,
Et donne lieu d’entrer en quelque défiance -Des secrètes raisons de tant d'impatience* t
* ,?nüs 1 as.
Je qe leS vois que trop, et sa témç'ritc jN’est qu’ùu tjBtiT attentat sur mou autorité :
U n’eri veut plus dépendre, et croit queues conquêtes Au-dessus de sou Lias ne laissent point de tetesj Qu’il est lui seul sa règle, et que sans se trahir Des héros tels que iili ueAiuroient obéir.
C’est d’ordinaire ainsi-que scs pareils agissent :
A suivre leur devoir leurs hauts laits seternissent; Et ces grands cœurs, efiilés du bruit de leurs. combats,. Souverains dans l’arraéo et parmi leurs soldats.
Digiÿzed-by
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Font du coin
îrnffan
J*DE. ACTE ir, SCENE I. 3"iS
ulcment une douce habitude
Pour qui l’obéissance est un-métier bien rudtt.r*
trustas. /. ’
Dis. tout, Araspej dis que le nom de sujet Réduit toute leur gloire, en un rang trop abject; 1 Que, bien que leur naissaucp.au trône les destine., Si-son ordre est trop lent, leur.grandcçEur s’en mutine r " Qu’un père garde trop np bien, qui leur est dù y - Et.qui perd de son prix étant trop atteudu ;
Qu’on voit naître de là mille-sourdes pratiques Dans le gros de son peuple et dans ses domestiques ÿ Et que, si l’on ne va jusqu’à trancher le cours >•*' .
De son règne ennuyeux et de ses tristes jours , '
Du moins une insolente et fausse^obéissunce , ’ ^
Lui laissant un vain titre ^usurpe sa puissance.
ARASÉE. 4
C’est ce que dé tout^utre il faudroit redouter J» Seigneur, et qu’pn tout autre il faqdr’oil arrêter:
Mais ce n’est pas pour vous uu avis nécessaire';
Le prince est "Vertueux, et vofis êtes bon père.
PAUSIf'S. '-y*
Si je n’étois bon père , il'seroit criminel :
Il doit sou injtoccnee à l’amour paternel; •
C’ést lui séuFqui l’excuse et qui le justifie-,.
T>u lui seul qui me trompé,ot qui me sacrifie
Car je dois craindre enfin que sa li*ute vertu Contre l’ambition n’ait en vain combattu.
Qu’il ne force en son cœur la nature à se taire;' Qui se lasse d’un roi peut se lasser'd’un père; Mille exemples sauglans nous peuvent l’enseigner 11 u’est t rien rfiii nç cède à 1-ardeiir de ; régner; -
J by Coog^*i
3üG iflCOMEDEi
Et depuis qu’une fois elle nous inquiète.,
La nature est aveugle et la vertu muette.
Te le dirai-je, Araspe? il m’a trop bien servi; Augmentant mou pouvoir, il me l’a tout ravi :
Il n’est plus mon sujet qu’aulant qu’il le veut être \
Et qiri me fait régner en effet est mou maître.
Pouf paroître à mes yeux sou mérite est trop grand :
On n’aime point à voir (^gux à qui 1 on doit tant.
Tout ce qu’il a fait parle au moment qu’il m’approche;
Et sa seule présence est un secret reproche :
Elle me dit toujours qu’il m’a lait trois lois roi.
Que je tiens plus dè lui qu’il ne tiendra de njoi;
Et que , si je lui laisse un jour une couronne,
Ma tête en porte trois que sa valeur me donne.
J’cn rougis dans mon aine; et ma confusion ,
Qui renouvelle et croît a chaque occasion,
Sans cesse offre à mes yeux qette vu e importune ,
Que qui m’entonne trois peut bien m’en ôter une; Qu’il n’a qu’à l’entreprendre, et peut tout ce qu’il veut. Juge, Afaspe, oùj*ên suis s’il veut tout ce qu’il peut. ahaspe.
Pour tout autre que lui je sais comme s’explique
La règle de la vraie et saine politique. J
Aussitôt qu’un sujet s’est rendu trop puissant ,
Encor qu’il soit sans crime, il n’est pas innocent f
On n’attend point alors qu’il s’ose tout permettre;
C’est un crime d’Etat que d’en pouvoir commettre;
Et qui sait bien régner l’empêche prudemment
De mériter un juste et plus graud châtiment ,
* Et prévient, pàr un ordre à tous deux salutaire, - •
Ou les maux qu’il prépare, ouceux qu’il pourroilfairc.