‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 226 sur 269 · LA O D 1 CE · texte numérisé non relu

LA O D 1 CE

Je ne sais pas, Seigneur , quelle en sera la suite ; Mais je.ne comprends point toute cette conduite,

.Ni comme à-cet éclat la reine vous contraint.

Plus elle vous doit craindra, etmoinselle vous craint; Et plus vous la pouvez accabler d’infamie,

Plus elle

vous attaque en mortelle ennemie.

mcomède.

Elle prévient ma plainte, et cherche adroitement A la faire passer pour un ressentiment ;

Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte .et couvre sa foiblesse.

IAODICE.

Les mystères de cour souvent sont si cachés Que les plus clairvoyans y sont bien empêchés. ^ Lorsque vous n’étiez poinlici pour me défendre,

Je n’avois contre Attalc aucun combat à rendre; Rome ne songeoit point k troubler notre amour;

Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour ;

Et 'dans ce même jour, Rome en votre présence Avec chaleur poür lui presse mon alliance.

Pour moi, je ne vois goutte en ce raisonnement Qui n’attend point le temps de votre éloignemeut;

Et j’ai devant les yeux toujours quelque nuage Qui m’offusque la vue, et m’y jette un ombrage.

Le roi chérit safemme, il crainlRome; et pour vous,. S’il ne voit vos hauts faits d’un œil un peu jaloux, *

35o NICOMEDE. '

Du moins, à dire tout, je ne saurois vous taire Qu'il est trop bon mari pour être assez bon père. Voyez quel contre-temps Attale prend ici!

Qui l’appelle avec nous? quel projet? quel soucf? Jcxonçois mal , Seigneur , ce qu’il faut que j’en pensç ; Mais j’en romprai le coup , s’il y faut ma présence.

Je vous quitte.

NICOMÈDE, ATTALE, LAODICE. v •

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ATTALE

- Madame, un si doux entretien

N’est plus charmant pour vous quand j’y mêle le mien.

LAODICE

Votre importunité, que j’ose dire extrême-,

Me peut entretenir en un autre moi-même :■

II counoit tout mon cœur , et répondra pour jnoi^ Comme à Flaminius il a fait pour le roi.

Xit SCÈNE Y I.

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