ACTE IV, SCÈlfE II, ' . 35ï
D’avoir une ame ouverte , une franchise cntière> Qut, dans leur artifice , a manqué de lumière , ' C’est gloire et non pas crime à qui 11 e voit le jour Qu’au milieu d’une armée et loin de A-otre cour , Qui n’a que la vertu de son intelligence ,
Et, vivant sans remords, marche sans défiance^
; ARSINOÉ
Je m’en dédis , Seigneur ; il n l est point criminel..
S’il m’a voulu noircir d’un opprobre éternel ,
11 n’a fait qu’obéir à la haine ordinaire Qu’imprime à ses pareils le nom de belle-mcre.
De cette aversion son cébur préoccupé M’impute tous les traits dont il se sent frappé.
Que son maître Annibal , malgré la foi publique , S’abandonne aux fureurs d’une terreur panique: Que ce vieillard confie et gloire et liberté Plutôt au désespoir qu’à l’hospitalité ;
Çcs terreurs, ces fureurs sont de mon artifice. Quelque appât que lui-même il trouve en Laodite , C’est moi qui fais qu’Attale a des yeux comme lui y C’est moi qui force Rome à lui servir d’appui ;
De cette seule main part tout ce qui le blesse :
Et , pour venger ce maitreet sauver sa maîtresse ,
S'il a tâché , Seigneur , de m’éloigner de vous,
Tout est trop excusable en un amant jaloux.
Ce foible et vain effort ne touche point mon «nie.
Je sais que tout mon crime est d’être votre femme* Que ce nom seul l’oblige à me persécuter :
Car enfin hors de là que peut-il m’imputer ?
■Ma voix , depuis dix ans qu’il commande une armée ArV'eHe refusé d’enfler sa renommée ? ' , ^