‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 25 sur 269 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

k SCÈNE l. ,

PAULINE

*2 tFE de soucis flottans , que de confus nuages, Présentent" à mes yeux d’inconstantes images ! Douce tranquillité que je n’ose espérer,

Que toü divin rayon tarde aies éclairer!

Mille agitations que mes troubles produisent Dans mon cœur ébranlé tour à tour sè détruisent; Aucun espoir n’y coule où j’o^ persister;

Auçun effroi n’y règne où j’ose m’arrêter. .

Mon esprit, embrassant tout ce qu’il s'imagine, Voit tantôt mon bonheur, et tantôt ma rjiiuç.

Et suit leur, vaine idée avec si peu d’effet Qu’il ne peut espérer ni craindre tout à fait.

Sévère incésisamment brouille ma fantaisie :

J’espère en sa vertu , je crains sa jalousie ;.

Et je n’ose" penser que d’un œil bien égal Polyeucte en ces lieux puisse voir son rival. Comme entre deux rivaux la haine est naturelle, L’entrevue aisément se termine en querelle;

L’un voit aux mains d’autrui ce qu’il croit mériter L’autre un désespéré qui peut trop attenter.

Quelque haute raison qui règle leur courage,

L’un conçoit de l’envie, et l’autre de l’ombrage :

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