SCÈNE IX
PRUSIAS, FLAMINIUS, Â&5INÔÉ, LAODICL,
# ATÇALE, CLËONE.
PRUSIAS
Non, non, nous revenons l’on et l’autre en ces lieux Défendre votre gloire, ou mourir à vos yeux.
AlR S I N O É.
Mourons , mourons, Seigneur, et dérobons nos vies A l’absolu pouvoir des fureurs ennemies; N’attendon?pasleur ordre, et montrons-nous jaloux De l’houueiir qu’ils auroient à disposer de nous.
LAODICE
Ce désespoir, Madame, offense un si grand homme Plus que vous n’avez fait eu l’envoyant à Rome : Vous devez le connoître ; et , puisqu’il a ma foi , Vous devez présumer qu’il est digne de moi.
Je le désavoArois s’il n’étoit magnanime,
S’il manquoit à remplir l’effort de mon estime,
S’il ne faisoit paroître un cœur toujours égal.
Mais le voici; voyez jsi je le connois mal.
PRU3IA5, mCOMÈDE, ARSINOÉ, LAODICE, FLAM1N IÜS , ATTALÉ , CLÉONE.
' KICOMÈDE. I
Tout est calme , Seigneur ; un moment de ma vue A soudain appaisp la populace émue.
' PRUSIAS
Quoi ! me viens-tu braver jusque dans mon palais , Rebelle ?
NICOMÈDE
C’est un nom que je n’aurai jamais*
Je ne viens point ici montrer à votre haine Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne ;
Je viens en bon sujet vous rendre le repos ,
Que d’autres intérêts troubloient mal à propos. Non que je veuille à Rome impute ^quelque crime : Du grand art de régner elle suit la maxime ;
Et son ambassadeur ne fait que son devoir , Quand il. .veut entre nçus partager le pouvoir. Mais ne permettez pas qu’ellé Vous y contraigne; Rendez-moi votre amour-, afin qu’elle vous craigne Pardonnez à ce peuple -un peu trop de chaleur Qu’à sa compassion a donné mon malheur / Pardonnez un forfait qu’il a cru nécessaire ,
Et 'qui ne produira qu’un effet salutaire.
Faites-lui grâçe aussi, Madame, et permettez Que jusques aq tombeau j’adore vos bontés.
Je sais par quel motif vous m’étes si contraire :
Y otre amour maternel veut voir régner mon frère ;
Et ’