ACTE jy, SCENE III. fT
Tout votre sang est^pcu pour un bonheur si doux ! Mais, «pour en disposer, ce sang est-il à vous?
V ous n’ayez pas la vio ainsi qu’un héritage ;. » .
Le jour qui vous la donne en même temps l’êngagç : Vous la devez au prince, au public, à l’Etat.
POLJTEtCU. * *
Je la voudrois pour eux perdre dans' un combat;
Je sais quel en est l’heur et quelle en est la gloire. Des âieux dc-Décie on vante la mémoire;
Et ce nom précieux encore à vos Romains,
Au bout de sixceht.s ans lui metl’enjpirc aux nôTains.
J e doisma vie au peuple , au pj ince, à sa couronne; Mais je la dois bien plus au Dieu qui me la donne.
Si mourir pour son prince est un illustre sort, Quand ou meurt pour son Dieu , quelle serala mort !
PAULINE. n
Quel dieu l- > •
poxyeÛcte. • ■>•••• ' x .
Tout beau , Pauline : il entend vos paroles; Et ce n’est pas un Dieu comme vos dieux frivoles , Insensibles et sourds , impuissans, mutilés,
De bois, de marbre, ou d’or, comme vous les voulez: C’est le Dieu des chré lieus, c’est le mien, c’est le vô tre; Et la tex-re et le ciel u’eu commissent point d’autre.
PAULINE
Adorez-le dans l’amc, et n’en témoignez rien.
POLVtU ( T E.
Que je sois tout ensemble idolâtre et chrétien! #
PAULINE. '' ’L
Ne feignez qu’un moment: laissez partir Sévère,
Et donuez lieu d’agir aux bontés de mon pèrè.
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>' POL T’E TTCTE.' '• ' * '
■Les bontés de mon Dieu sont bien plush cïiÆrir :
Il m’ôte des périls que j’aurois pu courir ;
Et sans me laisser lieu de tourner en arrière ,
Sa faveur me couronne entrant dans la carrière j Du premier coup de vent il me conduit au port ,
Et sortant du baptême , il m’envoie à la ihort.
Si vous pouviez comprendre et le peu qu’est la vie. Et de quelles douceurs cette mort est suivie. . . Mais que sert de parler de ces trésors cachés A des esprits que Dieu n’a pas encor touchés?
• PAULIN^
Cruel ! car il est temps que ma douleur éclate.
Et qu’un juste reproche accable une ame ingrate, jr Est-ce là ce beau feu? son t-ce là tes sermens? Témoignes-tu pour moi les moindres scntiruens2 Je ne te parlois point de l’état déplorable Où ta mort va laisser ta femme inconsolable ; 1
Je croyois que l’amour l’en par le toit assez..
Et je ne voulois poiut de sentimens forcés :
Mais cette amour si ferme et si bien méritée,
Que tu m’avois promise et que je t’ai portée, Quand tu me veux quitter, quand tu me fais mourir, Tç peut-elle arracher une larme, un soupir?
Tu me quilles , ingrat , et le fais avec joie ;
Tu ne la caches pas, tu veux que je la voiej Et ton cœur, insensible à mes tristes appas,
Se figure un bonheur où je ne serai pas! ■
C’est donc là le dégoût qu’apporte l’hyméuéei Je te suis odieuse après m’être donnée ! *