P O L Y EU C TE
Madame, quel dessein vous fait me demander?
Est-ce pour rqc^eombattre , ou pour me seconder? ( Cet effort généreux de 1 Votre amour parfaite' Vient-il à mon secours , vient-il à ma défaite?
.Apportez- vous ici la haine, ou-Tamltié,
'Comme mon enuemie, ou ma chère moitié?
* \ - r'\ ÇAULINÇ. | » * '
Vous n’avez point ici cfenflfcmi.quWfofts-mêmef, Seul vous vouf haïssez lorsque chactuÿvous aimej ' Seul vous exééutez tout cè que j’ai téyé i Ne veuillez pas vous perdre, et Voui êtes s^uvé.
A A quelque ex^émlté que votre crime passe.
Vous êtes innocent si vous vous faites grâce,
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Daignez considérer le sang dont vous sortez,
Vos grandes actions, vos rares qualités : •
Chéri de tout le peuple , estimé chez le priuce,
Gendre du gouverneur de toute la province.
Je ne vous compte à rien le nom de mon époux ;
# C’eslun bonheur pour moi qui n’estpas grand pôur vous Mais après vos exploits, après votre naissance,
Après votre pouvoir, voyez notre espérance ;
Et n’abandonnez pas à la main d’un bourreau Ce qu’à nos justes vœux promet un sort si beau.
- ■' POL YETJCTE. - „
Je considère plus : je sais mes avantages , *
* Et l’espoir quesur eux formentles grands courages.
Ils n’aspirent eufm qu’à des biens, passagers,
■ê Que troublent les soucis , que suivent les dangers;
La mort nous les ravit, la fortune s’en joue ; Aujourd’hui dans le trône , et demain dans la boue;
Et leur plus haut éclat fait tant de mécontens,
Que peu de vos Césars en ont joui long-temps.
* -J’ai de l’ambition , mais plus noble et plus belle:
Celte grandeur périt, j’en veux une immortelle,
' Un bonheur assuré , sans mesure et sans fin , Au-dessus de l’envie , au-dessus du destin.
Est-ce trop l’acheter que d’une triste vie ,
Qui tantôt, qui soudain me peut être ravie;
Qui ne me fait jouir que d’un instant qui luit,
Et ne peut m’assurer de celui qui le suit?
PAULINE
Voilà de vos chrétieus les ridicules songes ; ^
Voilà jusqu’à quel point vous charmeutleurs mensonges;
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