‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 44 sur 269 · P O L Y EU C TE · texte numérisé non relu

P O L Y EU C TE

Madame, quel dessein vous fait me demander?

Est-ce pour rqc^eombattre , ou pour me seconder? ( Cet effort généreux de 1 Votre amour parfaite' Vient-il à mon secours , vient-il à ma défaite?

.Apportez- vous ici la haine, ou-Tamltié,

'Comme mon enuemie, ou ma chère moitié?

* \ - r'\ ÇAULINÇ. | » * '

Vous n’avez point ici cfenflfcmi.quWfofts-mêmef, Seul vous vouf haïssez lorsque chactuÿvous aimej ' Seul vous exééutez tout cè que j’ai téyé i Ne veuillez pas vous perdre, et Voui êtes s^uvé.

A A quelque ex^émlté que votre crime passe.

Vous êtes innocent si vous vous faites grâce,

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Daignez considérer le sang dont vous sortez,

Vos grandes actions, vos rares qualités : •

Chéri de tout le peuple , estimé chez le priuce,

Gendre du gouverneur de toute la province.

Je ne vous compte à rien le nom de mon époux ;

# C’eslun bonheur pour moi qui n’estpas grand pôur vous Mais après vos exploits, après votre naissance,

Après votre pouvoir, voyez notre espérance ;

Et n’abandonnez pas à la main d’un bourreau Ce qu’à nos justes vœux promet un sort si beau.

- ■' POL YETJCTE. - „

Je considère plus : je sais mes avantages , *

* Et l’espoir quesur eux formentles grands courages.

Ils n’aspirent eufm qu’à des biens, passagers,

■ê Que troublent les soucis , que suivent les dangers;

La mort nous les ravit, la fortune s’en joue ; Aujourd’hui dans le trône , et demain dans la boue;

Et leur plus haut éclat fait tant de mécontens,

Que peu de vos Césars en ont joui long-temps.

* -J’ai de l’ambition , mais plus noble et plus belle:

Celte grandeur périt, j’en veux une immortelle,

' Un bonheur assuré , sans mesure et sans fin , Au-dessus de l’envie , au-dessus du destin.

Est-ce trop l’acheter que d’une triste vie ,

Qui tantôt, qui soudain me peut être ravie;

Qui ne me fait jouir que d’un instant qui luit,

Et ne peut m’assurer de celui qui le suit?

PAULINE

Voilà de vos chrétieus les ridicules songes ; ^

Voilà jusqu’à quel point vous charmeutleurs mensonges;

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