SCÈNE V I
SÉVÈRE, F AB I AN.- •"s é v È re.
Qu’est ceci , Fabian ? quel nouveau coup de foudre ' Tombe sur mon bonheur et le réduit en poudre!* Plus je l’estime près, plus il est éloigné;
Je trouve tout perdu, quand je crois tout gagne;
Et toujours la fortune, à me nuire obstinée,
Tranche mon espérance aussitôt qu’elle est née; Avant qu’offrir des vœux je reçois des refus;
Toujours triste , toujours et honteux et confus De voir que lâchement elle ait osé renaître, Qu’encor plus lâchement elle ait osé paroltr^;
Et qu’une femme enfin dans la calamité *
Me fasse des leçons de générosité.
Votre belle ame est haute autant que malheureuse, Mais elle est inhumaine autant que généreuse, Pauline; et vos douleurs avec trop de rigueur,
D’un amant tout à vous tyrannisent lejceêur.
C’est donc peu de vous perdre, il faut que je vous donne: Que je serve un rival lorsqu’il vous abandonne;
Et que, par un cruel cl généreux effort,
Pour vous rendre en ses mains je l'arrache à la mort !
Laissez K son destin cette ingrate famille; ' • Qu’il accorde, s’il veut, le pèré avec la fille, Polyeucte et Félix , l’cpouse avec l’époux r D’un si cruel effort quel prix espérèz-vous?
La gloire de montrer à celte ame ai Jjelle Que Sévère l’égale , et qu’il est dign<? d’eile , Qu’elle m’étoit bien due, et que l’ordre des.cieux l£n me la refusant m’ est trop injurieux*