‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 61 sur 269 · SÉVÈRE, FÉLIX, PAULINE, ALBIN · texte numérisé non relu

SÉVÈRE, FÉLIX, PAULINE, ALBIN

* FABIAN

SEVERE

Père dénaturé , malheureux politique,

Esclave ambitieux d’une peur chimérique , Polyeucte est dçücmort! et par vos cruautés Vous pensez conserver vos tristes dignités!

La faveur que pour lui je vous avois offerte.

Au lieu de le sauver précipite sa perte]

J’ai prié, menacé, mais sans vous émouvoir;

Et vous m'avez cru fourbe, ou de peu de pouvoir ! Eh bien, à vos dépens vous verrez que Sévère Ne se vante jamais que de ce qu’il peut faire;

Et par votre, ruine il- vous fera j uger

Que qui peutbieh vous perdre eùtpu vous protéger.

Continuez aux dieux ce service fidèle;

Par de telles horreurs montrez-leur votre zèlei Adieu; mais quand l’orage éclatera sur vous,

Ne doutez point du bras dont partiront les coup».

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Àrrê tcz-vous, Seigneur, et d’une ame appaisée Souffre» que je vous livre une vengeance aisée.

Ne me reprochez plus que par mes cruautés Je tâche à conserver mes tristes dignités ;

Je dépose à vos piedsl’éclat de leur faux lustre :

Celle où j’ose aspirer est d’un rang plus illustre;

Je m’y trouve forcé par un secret appas;

Je cède à des transports que je ne connois pas ;

Et, par un mouvement que je ne puis entendre,

De ma fureur je passc au zèle de mou gendre.

C’est lui , n’en doutez point, dont le p*ng innocent Pour §on persécuteur prie un Dieu tout-puissant \ Son amour épandu sur toute la famille Tire après lui le père aussi bien que la fdle.

J’en ai fait uu martyr, sa mort me fait chrétien :

J’ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien.

C’est ainsi qu’un chrétien se vengé et se courrouce; Heureuse cruauté dont la suite est si douce!

Donne la main , Pauline. Apportez des liens ; Immolezà vos dieux ces deux nouveaux chrétiens.

-Je le suis , elle l’est ; suivez votre colère.

PAULINE, *0

Qu’heureusement enfin je retrouve mon père!

Cet heureux changement rend mon bonheur parfait.

Ma fille, il n’appartient qu’a la main qui le fait.

SÉVÈRE

Qui ne seroit touché d’un si tendre spectacle ?

De pareils chaugemensne voutpoiut sans miracle.

, ACTie v, SCÈNE VI. 97

Sansdoute vos chrétiens, qu’on persécute en vain , Ont quelque chose en eux qui surpasse l'humain; Ils mènent une vie avec tant «^innocence, - Que le ciel leur en.doit quelque reconnoissance :

Se relever plus forts, plus.iL sont abattus,

JN est pas aussj l’ effet dçs communes vertus.

Jeles aimai toujours, quoi qu’on m’en ait pu dire;;

Je n’en vois point mourir que msèn cocueii’ eu soupire ; Et peut-être qu’un jour je les connoîtrai mieux. J’approuve cependant que chacun ait ses dieux , Qu’il les serve à sa mode^et saus peur de la peine. Si vous êtes chrétien, ne craignez plus ma haine;

Je les aime, Félix, et de leur protecteur Je n’en veux pas sur vous faire un persécuteur. Gardez votre pouvoir, reprenez-eu la marque; Servez bien votre Dieu, servez notre monarque.

Je. perdrai mon crédit envers Sa majesté,

Ou vous verrez finir pette sévérité :

Par cette injuste haine il se fait trop d’outrage.. FELIX. '

Daigne le ciel en vous achever son ouvrage,

Et, pour vous rendre un jour ce que vous méritez, Tous inspirer bientôt toutes ses vérités !

Nous autres , bénissons notre heureuse aventure: Allons à nos martyrs donner la sépulture Baiser leurs corps sacrés, les mettre en digue lieu, Et faire retentir partout le nom de Dieu.

TIN DE PO L y EU CXE.

LE MENTEUR

'.COMÉDIE

PRÉFACE

PRÉFACE

DE

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