VOLTAIRE
Il faut avouer que nous devons à FEspagneda
première tragédie -touchante et la première comédie de caractère qui aient illustré la France.
Nç rougissons point d’être venüs tard dans tous les genres» C’est beaucoup que, dans un temps où l’on ne connoissoit que des aventures romanesques et' des turlupinades , Corneille mît ta morale srir le;théâtre. Ce n’est quVne traduction'; mais c’est probablement à dette traduction qûe nous devons Molière. Il est impossible en effet que l’inimitable Molière ait vu cette pièce sans * voir tout d’un coup la prodigieuse supériorité que ce genre a sur tous les autres, et sans s’y livrer entièrement. Il y a autant de distance de Mélite au Menteiir, que de toute» les comédies de ce temps-là à Mélite. Ainsi Corneille a réformé la sçène tragique et la scène comique par d’iteurcuse's imitations.
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