‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 64 sur 269 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DORANTE, CLITON

DORANTE

la fin j’ai quitte la robe pour l’épée :

L’attente où j’ai vécu n’a point été trompée •; Mon pèye a consenti que je suive mon choix,

Et j’ai fait banqueroute à ce fatras de loi9.

Mais puisque nous voici dedans les Tuileries,

Le pays du beau monde et des galanteries, Dis-moi, me trouves-tu bien fait en cavalier ?

Ne vois-tu rien en moi qui sente l’écolier?

Comme il est malaisé qu’au royaume du code On apprenne ù se faire un visage à la mode,

J’ai lieu d’appréhender...

CL I TON

Ne craignez rien pour vous, Vous ferez en une heure ici mille jaloux.

io8 lE MfmEU*.

Ce visage et ce port n’ont point l’air de l’école;

Et jamais. comme vous on ne peignit Barthole :

Je prévois du malheur pour beaucoup de mafis. Mais que vousscmblcwicor maintenant de Paris?

no R A N TE. v**. t ' ■

J’en trouve Pair bien doux, et cetteloi bienriule 0/ m’en a voit banui sous prétexte d’étude. ? Toi, «qui sais les moyens de s’y bien divertir,

Ayant eu le bonheur de n’en jamais sortir,

. Dis-moi comme en ce lieu l’on gouverne lçs dames.

T'' CL I TON; » RRjL -1 U

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C’est là le plus beau soin qui vicnrie aux belles âmes, Disent les beaux esprits. Mais, sans faire le fin,

Voits avez l’appétit ouvert de bon matin !

D’hier au soir seulement vous êtes dans la ville,

Et vous vous ennuyez déjà d’être inutile !

Votre humeur sauscmpléi me peut passer Umjour! Et déjà vous clierchez à pratiquer l’amour !

Je suis auprès de vous en fort bonne posture .*

De passer pour uü homme à donner tablature;

J’ai la taille d’un maître en ce noble métier,

Et je suis, tout au moins, l’intendant du quartier.

■itj. DORANTE. "

Ne t’clfarouche point : je n€ cherche, à vrai dire, Que quelque cpnnoissancé où l’on se plaise à rire, Qu’on puisse visiter par divertissement,

Où l’on gpisse en douceur couler quelque moment. Pourmeçonuo^tre mal, tu prends mon sens à gauche.

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