‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 65 sur 269 · GH TON · texte numérisé non relu

GH TON

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JViifends; vous u’eles pas un homme de débauche,

, • ACTfe I, SCE.NE l. . 109

Et tenez «ellcs-là trop indignes 4g vous ^

Que le sop d’un écu rend traitablefrK tous :

Aussi , que vous cherchiez de ces sages coquettes Où peuvent tous venau£jj débiter lcur6 fleurettes ,

Mais qui ne font l^aimnir que de babil et «ÿvteux, Vous -èty tl’encolure à vouloir un peu mieux, lioin de passer son tenjps , chacun le perd.chez elles ;

Et le j eu , comme oit dit , u’en y au t pas les.chandelles. Mais ce seroit pouf vous un bonheur sans égal Que ces lçmmcs de bien qui sqgoju vertical p^al $

Et de qui la vertu , quand on leur fait service^

N’est pas incompatible avec, un peu de vice.- Vous çn verrez ici de toutes les façons.

*Ne liic demandez point cependant dtfs leçons./ . >

>Ou j e me connois mal à .voir votre visage , ,

Ou vous îflen è testas à votre apprentissage j ^

V os lois ne r églbien t pçfS si bictl lotis vos'desseins ,

Que vous eussiez toujours uu p*orte-feüille aux mains.

DORANTE. .• ^ - ' m

A ne rien déguiser ", Cliton , je te confesse

Qu’à Poitiers jïai yédfe comme vit la jeunesse ; À

J’étois en ces lieux-là dç beaucoup de métiers :

Mais Paris, après tout , est bien loin dé Poitiers.

Ee climat différent veut une autre méthode: «

Ce qu’on admire ailleurs est ici hors de mode j

La diverse façon de parler et d’agir

Donne aux nouveaux venus souvent de quoi rougir.

Chezlcs provinciaux on prend ce qu’on rencontre ;

Et là , "faute de miteux , un sot passe à ia montre :• *

Mais il faut , à Paris > bien d’aqtics qualités f

On ne s’éblouit point de. ces fausses clartéjPj r

I I O LE ■WEKTECK,

Et tant d’honnêtes gens que l’on y voit'cnsembie Font qu’on est mal reçu si l’on ne leur ressemble.

CL I T O N

Connoissez mieux Paris puisque vous en parlez. Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés : L’effet n’y répond pas toujours à l’appar^ice On s’y laisse duper autant qu’en liei^ de -France y Et , parmi tant d’esprits plus polis et meilleurs, Ii y croît des badauds autant et plus qu’ailleurs. Dans la confusion que ce grand monde' apporte ,

II y vient de tous lieux 3cs gens de toute sorte j Et dans toute la France, il est foitpeud’endroits Dont il n’ait le rebut aussi bien que-le choix. ^ Comme on s’y couùoit mal, chacun s’y fait de mise, Çt vaut communément autant comme il se prise r De bien pires que vous s’^ r font assez valoir.

Mais, pour venir au point que vous voulez savoir, Etes- vous libéral ?

» 'DORANTE

Je ne suis point avare.

' CL I TON

C’est un secret d’amour et bien grand etbiénrare : Mais il faut de l’adresse à le bien débiter; • . Autrement on s’y perd au lieu d’en profiter.

Tel donne àpleines main&qui n’oblige personne La façon dé donner vaut mieux qge cegu’on demie. L’un perd exprès au jeu son présent déguisé ; * L’autre oublie un bijou qu’on-auroit refusé.

Un lorudaud libéral auprès ^imemiaî tresse .

SfcmblAflonher l’aumône alors qu’il fait largesse ;

, ACTE I, S-CENE II. vil

Et d’un tel contre- temps il fait toutce qu’il fait , Que , quand il tâche à plaire , il offense en effet.

DORANTE

Laissons là ces lourdauds contre qui tu déclames ; Et me dis seulement si tu connoisces dames.

z CHTON.

Non : cette marchandise est de trop bon aloi ; ^Cc n-’est point là gibier à des gens comme moi.'* Il est aisé pourtant d’en savoir des nouvelles ,

Et bientôt leur cocher m’en dira des plus belles.

DORANTE. j.

Penses-tu qu’il t’en die ?

CtITON.

Assez pour en mourir i Puisque c’est un cocher , il aime à discourir.

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