SCÈNE II
DORA*NTE, c|àRICE, LUCRÈCE, ISABELLE.
clarice , faisant un faux pas, et comme se
» * - * . * laissant choir.
dorawÎe, lui donnant la main. •*
Ce malheur me rend un favorable office , 0 Puisqu'il me donne lieu de ce petit service ;
Et c’est pour moi, Madame, un bonheur souverain Que cette occasion de vous dpnnerla main." '
CL A f R i et. '
L'occasion ici fort peu vous faVôjise
Et ce foible bonheur ne vaut pas qu’oU le prise.
IE MENTEl'Ri I) O R A Tî TE.
11 est vrai , je Je dois tout entier au hasard * Messoiusiu vos désirs n’y prennent pointde part ; lit sa douceur mêléd avec dette amertume ]\c nie rond pas le sort plus doux que de coutume', Puisqu enfin ce bonheur , que j’ai si fort prise ,
A mon peu de mérite eut été refusé! •
S il a perdu si tôt ce qui pouvoit vous plaire ,
* veux être à mon tour d’un sentiment contraire,, lit crois qu’on doit trouver plus de féliehe'. A-posséder un bien sans l’avoir mérite.
J estime plus un don qu’uuc reconnoissance :
Qhi nous donne fait plus que qui nous récompense ; El le plus grand bonheur au mérite rendu Nfe fait que nous pnyerale ce qui nous c&t du.
La faveur qu’ou mérite est toujours achetée , L’Jicnr en croît d’autan t plus, moins elle est méritée, Et Je bien ou sans peine elle lait parvenir Par le mérite à peiite au roi t pu s’obtenir. do a AK TE.
Aussi ne croyez pas que jamais je prétende »
Obtenir par mérite une faveur si grande : ,
J en sais mieux le liant prix ; et mon cœur amoureux , Moinsils en connoit digne , et plus s’en tient heureux.
• Ou me 1 a pu toujours dénier sans injure:
Et si la recevant ce cœur même en murmure ,
Il se plaint du malheur de ses félicités , '
■ Que le hasard lui donne , et non vos volontés.
Un amant a fort peu de quoi se satisfaire .
Des faveurs qu'onluifait sansdessein de les faire :
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