‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 71 sur 269 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

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DORANTE, CLITON

DORANTE

Suis-les , Cliton. . }* f , $ ' *•

Il6 IE.MENT1UR.

^ CLITON

J’en sais ce qu’on en peut savoir.

La langue du cocher a bien fait son devoir.

La plus belle des deux, (lit-il, est ma maltresse ,

Elle loge à la place , et son nom est Lucrèce.

DORANTE

Quelle place ?

r» p . CLITON. > VT--

Royale j et l’autre y loge aussi. - U n’en sait pas le nom , mais j’en prendrai souci.

* * DORANTE. . ' ' '

Ne te mets point, Gliton^eu peine de l’apprendre. Celle qui m’a parlé, celle qui ni’à su prendre,

C’eSt Lucrèce , ce l’est sans aucun contredit ;

Sa beauté m’en assuie, et mon cœur me le, dit.

CLITON

Quoique mon sentiment doive respect au vôtre,

La plus belle tfcs deux , je erbis que ce soit l’autre.

‘ St* ” ‘ ■ ^dorante.

Quoi î celle qui. s’est tue, et qui , dîms nos propos , N’a jamais euYespri^de mêler quatre mots?

* CL I TON

Monsieur , quand une femme a le don de se taire, Elle a des qualités au-dessus du vulgaire : .

C’est un effort du’ciel, qu'on a peine à trouver j.

Sans un petit miracle il ne peut l’achever j Et la nature sqpff’rc extrême violence .

Lorsqu’il èn fait d’humeur ?i garder le silence.

Pour moi', jamais l’amour n’inquiète mes* nuits ;

Et quand le cœur m’en dit , j'en prends parîwjc puis

ACtjE I-, SCÈNE V. * Vf*7

Mais naturglloment fejnme qui se peut taire A sur moi tehpouvoir et tel droit de me plaire f Qu’eût-elle en vrai magot tout le corps fagoté,

Je lui voudrois donner le prix de la beàute'.

C’èst elle assurément qui s’appelle Lucrèce :

► Cherchez un autre nom pour l’objet qui vous blesse Ce n’ést point là le sien; celle qui n’a dit mot, Monsieur, c est la plus belle,' ou je ne suis qu’ün sot.

jp ' ' * D 0 KAN T E.

Je t’en crois saus jurer avec tes incartades. 7 ■

Mais voici les pli^ chers de mes vieux camarades.

Ils semblent étonnés, à voir leur action.

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