‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 74 sur 269 · ACTE t, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE t, SCENE V

Je fis de ce bateau la salle du festin :

Là je menai l’obfet qui fait seul mon destin ;

De cinq autres beautés la sienne fut suivie, ,

Et la collation fut aussitôt servie. .

Je ne vous dirai pointles dilféTens apprêts ,

Le nom de chaque plat, le rang decliaque mets:’ Vous saurez seulement qu’en ce lieu de délices On servit-douze plats, et qu’on fit six services, Cependant que les eaux, les rochers et les airs, Répondoient aux accens de nos quatre concerts. Après qu’on eut mangé, mille et mille fusées, S’élançant vers les deux, ou droites, ou croisées , Firent un nouveau.jour, d’où tant de serpenteaux D’uri déluge de flamme attaquèrent les eaux Qu’oü crut que, pour leur faire une plus rude guerre, Tout l’élément du feu tomboit du ciel en terre. Après ce passe-temps on dansa jusqu’au jour,

Dont le soleil jaloux avança le retour :

S’il eût pris notre avis, sa lumière importune N’eut pas troublé si tôt ma^petite fortune ;

Mais, n étant pas d humeur à suivre nos désirs,

Il sépara la troupe, et finit nos plaisirs.

* ALCtPPE.

Certes vous avez grâce à conter ces merveilles ; ’ Paris, tout grand qu’il est, en v.oit peu de pareilles.

d o n ai? t e.

J’avois été surpris; et l’objet de mes vœux Ne m’-avbit, toutau plus, donné qu’une heurç oudeux.

raa' lï-MtNTEUR. • ;

' philiste. i •

Cependant l’ordre est rare, et la dépense belle.

* dorante. .. /■ ; -:>*»• ‘

Il s’est fallu passer à cette bagatelle :

Alors que le temps presse, on n’a pas à choisir.

. . • AL CI P PE. r .

Adieu i nous nous verrons avec plus de loisir.

D ORANT

Faites état de moi. - . ' “ <>■''. * ^ •“

AECippe, à Philiste , en s J en allant. >

• 4 • '• * Je meurs de jalousie ■

- PHILISTE, à Alcippè.

Sans raison toutefois yotre arab-en est saisie ;

Les signes du festin ne s’accordent pas bien.

alcippe, à Philiste. \

Iæ lieu s’accorde, ,et l’heure, et le reste n est rien.

\ SCÈNE VI

- DORANTE, CL1TON

VÇ CLITOK. - - ' • »:

Monsieur, puis-je à présent parler sans v ous déplaire ?

. .. ’ * DORANTE. -JP . ■

Je remets à ton choix de parler ou te tairej Mais quand tü vois quelqu’un, ne faisplusl’insolent.

CLITON

Votrè. ordinaire est-il de rêver en parlant?

DORANTE, '

Où me vois-tu réver ?. ’•

J’appelle réverie9

Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menterics : Je parle avec respect.

DOR ANTE. -

pauvre esprit !

CLITON. -V

Je le perds

Quand je vousvèis parler de guerre et de concerts. Vous voyez sans péril nos batailles dernières,

Et faites des festins qui ne vous coûtent guères. Pourquoi depuis un an vous feindre de retour ? ^

\ DORANTE

J’en montre plus de flamme, et j’en fais mieux ma cour.

cii T O If.

Qu’a dé propre la guerre à montrer votre flamme?

• DORANTE

O le beau compliment à chârmer.une dame, .

De lui dire d’abord : «J’apporte à vos beautés Un cœur nouveau venu des universités :

Si vous avez'besoin de lois et de rubriques ,

Je sais le code entier avec les authentiques,

Le digeste nbuveau , le vieux, l’inforliat.

Ce qu’ en a dit Jason , Balde , Accurse , Alciat ! » Qu’un si riche discours nous, rend considérables ! Qu’on amollit par là de cœurs inexorables Qu’un homme à paragraphe est un joli galant ! On s’introduit bien mieux à- titre de- vaillant: Tout le secret ne gît qu’en un pep de grimace y A mentir à propos, jurer de bonne grâce,

Tfc

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