‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 87 sur 269 · ACTE tlj SCENE T.' i3q · texte numérisé non relu

ACTE tlj SCENE T.' i3q

Il monte, à son retour ; il frappe à la porte : elle Transit, pâlit, rougit, me cache en sa ruelle, Ouvre enfin ; et d’abord (qu’elle eut d’esprit et d’art!) Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard,

Dérobe en l’embrassant son desordre à sa vue :

Il se sied; il lui dit qu’il veut la voir pourvue;

Lui propose un parti qu’on lui venoit d'offrir.

^uger combien mon cœur avoit lors à souffrir!

Par sa réponse adroite elle sut sj^nen faire ,

Que sans m inquiéter elle plut à son père.

Ce discours ennuyeux enfin sc termina.

Le bon homme par toit quand ma montre sonna ;

Et lui se retournant vers sa fille étonnée ,

« Depuis quand cette montre, et qui vous l’a donnée? » « Acaste , mon cousin , me la vient d’envoyer, Dit-elle, et veut ici la faire nettoyer, jN ayant point d’horlogers au lieu de sa demeure : Elle a déjà sonné deux fois en un quart d’heure.»

« Donnez»la-moi , dit-il, j’en prendrai mieuxle soin.» Alors pour me la prendre elle vient en mon coin :

Je la lui donne en main; mais, voyez ma disgrâce, Avec mon pistolet le cordon s’embarrasse, f ait marcher le déclin ; le feu prend, le coup part : Jugez de notre trouble à ce triste hasard. ,

Elle tombe par terre; et moi je la crus morte.

Le père épouvanté gagne aussitôt la porte; K Il appelle au secours, il crie à l’assassin:

Son fils et deux valets me coupent le chemin. Furieux de ma perte, et combattant de rage, - Au milieu de tous trois je me faisois passage,

,jj 0 le menteur. •

Quand un autre malheur de nouveau me perdit;

Mon épée en ma main en trois morceaux rompit. Désarmé , je recule, et rentre; alors Orphise De sa frayeur première aucunement remise ,

Sait prendre un temps si juste en son reste d’effroi, Qu’elle pousse la porte et s’enferme avec moi. Soudain nous entassons , pour défenses nouvelles, Bancs, tables, coffres, lits, et jusqu’aux escabelles: Nous nous bari^adons , et dans ce premier feu Nous croyons *gner tout à différer un peu.

Mais comme à ce rempart l’un et l’autre travaille , D’une chambre voisine on perce la muraille:

Alors me voyant pris , il fallut composer.

( Ici Clarice les voit de sa fenêtre; et Lucrèce , avec Isabelle, les voit aussi de la sienne. )

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