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Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3

Louis Racine, fils de l’admirable Jfean Racine, a fait un traité de la poésie dramatique , avec deÿ remarques suir les tragédies de son illustre père. Voici comme il s’explique sur l'IIéraclius de Corneille, page 373.

ii On croiroit devoir trouver quelque ressemblance entre Héraclius et Athalie , ^àrce qu’il s’agit dans ces pièces dé remettre sur un trône usurpé un prince a qui ce trône appuient , et ce prince a été sauvé du carnage dans sôn enfance. Ces deux pièces n’ont cependant aucune ressemblance entre elles , non-seulement parce qu’il est bien différent de vouloir remettre sifr le trône un prince en âge d’agir par lui-même , ou un enfant de huit ans, mais parce que Corneilje a conduit son action d’une manière si singulière et si compliquée, que ccüx qui l’ont lue plusieurs fois, et même # l’ont vu représenter, ont encore de la

peine à l’entendre , et qu’on se lasse , à la fin ,

D’un divertissement quifait une fatigue.

Dans Héraclius, sujet et incidens, tout est de l’invention du génie fécond de Corneille, qui,

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ntf/tr jeter de gjjjuids intérêts, à multiplie' des

incident^ peu' vra^fimblables. Croira-t-on une mère capable de lifrer son propre fils a la mort , pouf élever sous ce nom le fils de l’empereur mort! est-il vraisemblable que deux princes, se croyant toujours tous deux ce qu’ils ne sont, pas, parce qu’ils ont été changés çn nourrice , s aiment tendrement, lorsque leur naissance les oblige* se déteste** ei même a se perdre? Ces choses ne .sont pas imposs&lcs; mais on aime mieux Merveilleux qui naît de ,1a simplicité d une action , tflue celuj. que peut produire cet amas confins d’incideris extraordinaires. Peu de personnes eonnoissent «éraflius : et qui^ne connoit pas

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r ' „ Il y a d’ailleurs de glands defauts dansHcra-

s-clius. Toute l’action est conduite par un personnage subalterne qui n’intéresse point : c est la

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rêconnoissance doit najtre du 9ujet, et causci a péripélieaDans Hétaclhis , la pér^etie précédé fa recouhoissance. La péripétie est la mort «le Phocas : les deux princes ne sont reconnus qu auprès cette mort; et comme alors ils u ont plus a le craindre, qu’importe au spectateur qm des deux soit IléracliusZ II me paroit donc que k poète qui s’est conformé aux principes d Aristote, • et euiT conduit sa pièce dans la simplicité des tragédies grecques , est celui qui a le mieux

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J’avoue que je.ue suis.pas del’avis de M. Lou^

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Racine en pinceurs. points. Je crois qu'une ljàèr6 peut livrer son fils & la mort pour sauver 1É filsnc son empereur; mais pour rendre vraisemblable une action si peu naturelle, il fauèfroit que la mère eût été obligée d’en faire serment , qu’ellq eût été Ærçée par la religion , par quelque motif supéifcur à la nature : or c’est cè (fu’on ne trouve pa% dans l’Héraclius de Pierre CorncHIé; Léontine même est d’un caractère absolument inéîipaWe ïW piété si étrange; c’est une intrigante, cX même une très-méchante femme , qui réserve Héracliusà un inceste : de tels caractères ne sont p« capables d’urte vertu surnaturelle.

Je ne c fois pas i rap d%>ib 1 é q u’Hé racli Us ;c t Martian aient de l’amitié T un .pour l’autre je- vc- # marqu,e seulement que cette 'amitié n’est guère théâtrale j et qu’elle ne produit aucun de ces grands mouveînens nécessaires au théâtre.

A l’égard du dénouement, je crois que le critiqué a entièrement raison; mais je ne Gonçéis pas comment il a voulu faire une cShiparpi^on d’AlFialie et d’Iiéraclius , ’si ce n’est pour ayoir une occasion de dire qu’IIérackus lui paroift un mauvais ouvragé.

IJ faut bien pourtant qu’il y ait de grandes Tie^utes dans Héracliùs, puisqu’on le joue toujours hvpc applaudissement, <£uan<dkil se‘ trouve des acteurs convenables aux rôle» •

Les lecteurs éclairés se sont aperçus sanrdoute ^ qu’une tragédie écrite d’un styl# dur ,' iqégal ,. rempli de solécismes, peut réussir au théâtrejjar

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