‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 10 sur 187 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PULCHKR.IE, HÉRACLIUS , se connaissant ; MARTI AN , se croyant Léonce.

reraclius. |

En vain il se promet que sous cette menace J’espère en votre cœur surprendre quelque place; Votre refus est juste, et j’en sais les raisons, '

Ce n’est pas îi nous deux d’unir les deux maisons ; ^

D’autres destins, Madame, attendent l’un etl’autre :

Ma foi m’engage ailleurs aussi bien que la vôtre.

Vous aurez en Léonce un digne possesseur ; •

Je serai trop heureux d’en posséder la sœur. «

Ce guerrier vous adore, et vous l’aimez de même:

Je suis aimé d’Eudoxe autant comme je l’aime : Léontine leur mère est propice à nos vœux ;

Et quelque effort qu’on fasse à rompre ces beaux nœuds, D’un amour si parfait les chaînes sont si belles ,

Que nos captivités doivent être éternelles.

PULCHERIE

Seigneur, vous connoissez ce cœur infortuné :

Léonce y peut beaucoup ; vous me l’avez donné,

Et votre main illustre augmente le mérite Des vertus dont l’éclat pour lui me sollicite.

Mais à d’autres pensers il me faut recourir :

Il n’est plus temps d’aimer alors qu’il faut mourir;

Et quand à ce départ une ame se prépare.... 1

H ER ÀCLIUS.

Redoutez un peu moins les rigueurs d’un barbare;

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36 . - L H S A A c L I TT ÿ. '

Pardonnez-moi ce mot: pour vous servir d’appui J'ai peine à recounoître encore un père en lui.

Résolu de périr pour vous sauver la vie ,

Je sens tous mes respects céder à cette envie ;

Je ne suis plus son fils s’il en veut à vos jours,

Et mon cœur tout entier vole à votre secours.

PVLCI1KR I E.

C’est donc avec raison que je commence à craindre,

. Non la mort, non l’hymen où l’on me veutcoritraindrc, Mais ce péril extrême où pour me secourir Je vois votre grand cœur aveuglément courir.

' m a n r i a n , se croyant Léonce.

Ali ! mon prince , ali ! Madame , il vaut mieux vous résoudre Par un heureux hymen à dissiper ce foudre.

Au nom de votre amour et de votre amitié ,

Prenez de votre sort tous deux quelque pitié.

Que la vertu du fils, si pleine .et si sincère,

Vainque la juste horreur que vous avez du père Et pour mon intérêt n’exposez pas tous deux... u ÉR AC l i u s.

Que me dis-tu, Léonce? ctqu’est-ce que tu veux?

Tu m’as sauvé la vie, et pour reconnoissance,

Je voudrois à tes feux ôter leur récompense}

Et , ministre insolent d’un prince furieux ,

Couvrir de cette honte un nom si glorieux ;

Ingrat à mon ami, perfide à ce que j’aime,

Cruel à la princesse, odieux a moi-même !

Je te commis, Léonce, et mieux que tune crois:

Je sais ce que tu vaux, et ce que je te dois. jSon bonheur estle mien, Madame, et je vous donne Léonce et Martian en la même persouuc ;

gyr -

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