DON S ANCHE
DON A ISABELLE
Il aimcroit ailleurs?
• . ' ‘ BLANCHE
Oui, si je ne m’abuse,
Il aime en lieu plus haut que n’est ce qu’il refuse ; ■ Et, si je ne craignois votre juste courroux,
J’oserois deviner, Madame, que c’est vous.
DONA ISABELLE
ce n’est pas pour moi qu’il est si téméraire ; Tantôt dans ses respects j’ai trop vu le contraire ,
** Si l’éclat de mon sceptre avoit pu le charmer,
Il ne m’auroit jamais défendu de 1’aimer» 1H aime en lieu si haut, il aime done Elvire;
* Il doit l’accompagner jusque dans son empiré;
. Et fait à mes amans ces défis généreux ,
. Non pas pour m’acquérir, mais pour se venger d’eux. ^ Je l’ai donc agrandi pour le voir disparoître, -*.* Et qu’une reine , ingrate à l’égal de ce traître , M’enlève, après vingt ans de refuge en ces lieux,
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/Ce qu’avoit mon Etat de plus doux à mes yeux ♦V • Non, j’ai pris trop de soin de conserver sa vie.
, Qu’il combatte,' qu’il meure; et j’en serai ravie.
* •' . Je saurai par sa mçrt à quels vœux m’engager , H, Et j’aimerai des trois qui m’en saura venger. ^
BLANC UE
yîQue vous peut offenser sa flamme ou sa retraite, * • Puisque vous n’aspirez qu’à vous en voir défaite?
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. /; . t • le nè sais pas s’il aime ou donc El viré; ou vous ; jf* * M^isqe ne crfthprends point cç mouvement jaloux v
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*.* -'CXE IIT, SttJ'E VI. * . l6f)
* „ DON A ISABELLE. , * . ■ 7
Tu ne le comprends point! et c’est ce qui m’étonne :
Je veux donner son cœur, non que son cœur sc donne, * Je veux que son respecü’empêche de m’aimer Non des flammes qu’une autre a su mieux allumai*
Je veux bien plus, qu’il m’aime, et qu’un j liste silence Fasse à des feux pareils pareille violence ;
Que l’inégalité lui donne même ennui; ' * r . ■ m Qu’il souffre autant pour moi que je souffre pourvu; • Que, par le sêul/lessein d’affermir sa fortune, lf * • " * Et non point par amour, il se donne à quelqu’une ;
Que par mon ordre seul il s’y laisse obliger; ~ , >
• Que ce soit m’obéir, et non, me négliger; .
Et que, voyant ma flamme M’honorer trop proniple,
Il m’ôte de péril sans me faire de honte: • .
. Caj- enfin il l’a vue, et la connoît trop bien. *-*• ’’ *
Mais il aspire au trône , et ce n’est pas au mien ; * *
Il inc préfère une autre , et cette préféi-euce '
Forme de son respect la trompeuse apparence : • *
Faux respect qui me brave, et v.cùt régner sans moli ■