‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 111 sur 187 · V . . , DON A LEO NO R · texte numérisé non relu

V . . , DON A LEO NO R

Quoi que vous présumiez. de la voix populaire.

Par de secrets rayons k ciel souvent l’éclaire :

îACTE.JY, SCENE II. 17a

• yods apprendrez par là du moins, les vœux de tons ,

El quelle opinion les - peuples ont de vous.

«' - "* D. LOÏ.E,

Prince, ne cachez plus ce que le ciel découvre*;

Ne fermez pas nos ÿeutf quand sa maiu-uous les Quvre.

"Vous dey cz >ctre las de nous faire faillir.

Nous ignorons quel fruit vous en voulez. cueillir ;

Mais nous avions pour, vous une.estime assez haute Pour n’être pasforcés-a commettra une faute;

Et notre, honneur , au vôtre en aveugle apposé ,

Me ri toit par pitié d’être désabusé.

Notre orgueil n’est pas tql qu’il s r attache aux personnes, Ou qu’il ose oublier ce qu’il doit aux couronnes , i Êt s’il n’a pa&eu d’yeux pour un rôi déguisé ,

. Si l’inconnu Carlos s'en est vu méprisé.,

‘Nous repectons don Sanclie, et l v accep tons pouf maître, , Sitôt' qu’à notre reine il se fera connollre :

Et sans doute son cœur nous eu avôùra bien. • •

Hâtez cette union de votre sceptre au sien ,

Seigneur, et, d’un soldat quittant la fausse image ,

Recevez , comme roi , notre premier hommage.

CAR LOS

Comtes, ces faux respects dont je me vois surpris Sont plus-injurieux encor que vos mépris.

Je pense avoir rendu mon nom assez-illustce \

Pour n’avoi rpas Besoin qu’on lui donné un faux'fustre : Reprenez vos ltouneurs où je n’ai point départ. J’fmputqioce faux bruit aux fureurs du hasard , *

Et doulors qu’il put êtreunoame assez hardie. *

Pour ériger Carlos en roi de comédie : * * - • •

176 " don sanche.

Mais j.puîsquc c’est au jeu de vplie îicllc fumeur, Sachez que ^es yaillans honorent la valeur , .

Et que tous vos pareils auroient quelque scrupule ■4-ftûre de la mietme'un e'elat ridicule. . ,

SI c’est votre dessein d’en réjouir ces lieux y Quand vous m’aurez vaincu, vous me raillerez mieux; La raillerie est belle après une victoire ;~

On la fait avec grâce aussi bien qu’avec gloire.

Mais vous précipitez un pëu trop ce- dessein :

La bagué delà reine est encore en nYa main ;

-Et? r inconnu Cailos , séns nommer sa famille,

Voits sert encor d'obstacle au trône, de Castille.

Ce bras', qui vous sauva de la captivité,

Peut s’opposer encore à votre avidité. •d. man ni QUE.

Pour n’ptrp'que Carlos vous parlez bien feu maître ,

Et tranchez bien du prince en déniant de l’être. - Si nouj avons tantôt' jusqu’au bout défendu L’iionncûr qu à nôtre rang nousvôyions être du ,

Nous saurons bioç encor jusqu’au boqtle défendre; Mais cet^ue nous'dcvons, nous aimons à le rendre. Que vous soyez don Sdnqhe, ouqu’un autre le soit , • L’un et l’autré de nous lui rendra ce qu’il doit.

Pour lé nouveau marquis, quoique Tlifomieur l’irrite , Qu’il saclie qi^’on l’honorc autant qu’il Je mérite; Mpsque, pour nous combattre, il faut quelejxm sang Aid o un'peusa valeur^ soutenir ce rang. 7 Qu’il ny prétende point à moins qu’il se” déclare.

Non qucnousdomandionsqu’il soitOusntanou Lare : Q.u’ii soit noble , il suffit pour nous, traiter d’égal ; Nouâje verrons tous deux comme un digne rival;

*. ’ ACTÉ 1V r S’ÇBSX-ÎJI. 177

El si j]on Smjchc y» fin i>'cst qu’une al lento vaiiTe , Nous lui -disputerons ce tonneau dé la reine.''

•Qu'il souffre cependant, quoique brave guerrier , Que notre bras dédaigrjp un simple avêntdner. ' Nous vous laissons,. Madame, éclaircir cemy stère:

Le sang a des secrets qu’ente.nd mieux une mène,

Et dans les différends qu’avec lui nous avons,

Noys craignons d’oublier ce que nous vous^levons.

, SXÈNÉ II'I. ■; .;■*

Page 1