DONA ISABELLE,. DONA LÉONOR, DON V ‘ ‘ . ELŸIRE, BLANCHE
An Madame !
BLANCHE
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Voudriez- voua,, Madame , en apprëndre l’iiistoire?
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*Qnek ciel: est injuste^-. ’ ’■» '• -* •
^ s t D.0Ü4 ISABELLE.*. ...
IHkst, ctÀioÿvfait voir*,
Tar cctlnjuÿe effet i soo.àbsolu.poaroir»'
Qui dü sang le plus vil.tirç itnefal^e si belle j . '
Ef/oriûe uncyertu quj n-Viustrp quenelle.
B-LAJVÇHE..
A%ec beaucoup do ltoirte, et plus cneoy.de çoê%r.
. . ACTE Vi,->6C^K» *V. 191
Du haut’de l’èscaüer jede'Voy ois descendre; .*
'Eu-Vÿii de ce faux bruit il se vouloit défep^o^
Vôtre cour, obstinée à lui changer de nom, • Murmuroit tout autour,’ « DonSaoche d’Aràgorr» , Quand un chétif vieillard le saisit ét l'embrasse»
Lui (jui le reconnoit frémit de sa disgrâce^' » .T* \ Puis, laissant la nature à ses pleins raouvcmeK, Répond avtc tendresse à scs cmbrasscmens.' *
Ses pleurs mêlent aux siens une fierté sincère;
On n’entend que soupirs: « Ah! mon fils ! Ah! mon père O jour trois fois heureux! moment trhp attendu !
Tu m’as rendu la vie ! » et; « Vous m’avez perdu ! » Chose étrange ! à ces cris de douleur et cfe joie’,
Un grand peuple accouru ne veut pas qu'on les'cjôie J Il s’aveuglc'soi-'mcme : 'etce pauvre pécheur , r •
En dépit de Carlos, passe pour imposteur. *.*•
Dans les bras xle ce fils on luifait mille hontes r ’ . ** C'est un fourbe,, un méchant suborné par les corfitcs,
, Eüx-mô mes ( admirez leur générosité.) ' g . . S’efforcent d’affermir cette incrédulité : • .
, Non qu’ils prennent sur cfix de si lâches pratiques, Mais ils en, font auteur uu de leurs domestiqfibs;
Qui , pensantbion leur plaire , a si mal à "propos lùstruit ce malheureux pour affronter Carlos. . . ’ • Avec avidité celte histoire est reçue r.
^Chacun fa tient trop Vraie’aii'-itnt qu’elle est sue : Et, pour pfiis de croyance à cette tça&iaoA, •? ' • .
Les comtes font traîner ce l>on hommo>en priçcjn. .. Carfosrend t^moigiiagceirvaiifcqri'tresoi-jîxomej •
JU os vérités qu’il dit ce dent au stttftageme :
igi
■ •rfojT sx'n-c-he.
Et,'da*tis le 'déshonneur qni l'accable aujourd’hui , Sfcs plus grands envieux l’cn sauveul malgré lui.
Il tempête , il ihenace , et , bouillant de colère , •
It crie à pleine voix qu’on lui rende son père On frèmblc devant lui, sans cfoire son courroux,; Ët-rien.... Mais le voici qui viént s’ en plaindre à vous.
SCËftE V. " • •
DONA ISABELLE, DONA LËONOR, DON*A EL\ IRE, BLANCHE, CARLOS, D. MAN* . RIQUE, H. LOPE.
CARLOS
Eu bien, Madame, enfin on connoît ma naissance ; Voilà le digne fruit de mon obéissance.'
J’ai prévu ce malheur j etl’aurois évité » . ’
Si vos commandemcns ne m’eussent arrêté.
.1^ m’ont livré , Madame , à, ce moment funeste?
Et l’on m’arrache, encor lè seul bien qui -me r est»! .'•On me vole mon père ! on le fait criminel! '
.On attache à son nom un opprobre éternel !
Jç suis fils d’un pêcheur, mais non pas d'un in fumé : .La bassesse du sang ne va point jusqu’à l’ame •>
Et jé renonce aux noms de comte et de marquis Avéchienplus d’honneur qu’aux sentimeusde fils; Rieh n’-e» peut effacer lé sacré caractère.
De grâçej commandez qu’ou me rende mon père :
' Ce doit leur Aire assez de savoir qui je suis,
. Sans ;n’accabler encor- par- de-jiouvçaùx. ennuis:.
j\cte v, scèifE v. . : ia3 ’
\r . D. MAN RIO UE. • ••
J orcez ce grand courage à consërver-sa gloire, Madame j et l’cmpcchez lui-même de se croire. Nous n’avons pu souffrir qu’un bras qui tant dé fois A fait trembler le Maure, et triompher nos rois, Reçût de sa naissance une tache éternelle; ' *
. A tant de beaux exploits rendez cette justice , *
Et de notre pitié soutenez l’artifice. •,
CAR LOS
Je suis bien malheureux sf je vous fais pitié ! Reprenez votre orgueil et votre inimitié.
Après que ma fortune a soûlé votre enVie,- • Vous plaignez aisément mon entrée à la vie; * • iEt, me croyant par elle à jamais abattu,
Vous exercez sans peine ùtte haute vertu.
Peut-être elle ne fait qu’une embûche a la mienne.
• La gloirede mon nom vaut bien qu’on la retienue; Mais son plus bel éclat seroit trop acheté,
Si je 1er etpnois par une' lâcheté,
. Si ma naissance estbasse, elle est du moins sans tache': Puisque voüslasavéz, je vguxbien qu’on-la sache. Sanclïe, fils d’un pécheur, et non (T un imposteur. De deux comtes jadis fat le libérateur ; * - '
Sanche, Ris d’un pêcheur, mettoit naguère en pe'ine Deux illbstros'rivaux sur le choix de leur reine ; Sanclïe; fils d’un pêcheuiytfent encore en sa main De quoi faire bientôt toul l’heur d’n n souverain;
- D.OW SANC.HE,
Sanehe enfin, malgré lui, dedans cette-provfiTcç," . Quoique- fils d’un pécheur, a passé pour uupriuçe. ^oilà ce qu'a pu faire et qu’a faitù vos yeuic * •• Un cœur que ravaloit le nom de ses aïeux, * .
Ua gloire qui m’en reste apres cette disgrâce Éclate encor assez pour honorer ma race ,
Et pàrôUra plus grande à qui comprendra bien". Qu’a l’exemple du ciel j’ai fait beaucoup dé rj^n.
„ j y ' "b.-iope» •* * ’ ' *,
k Cette noble fierté desavoue un tel père, v ', Et l: par Un témoiguageii soi-même Contraire > *' , Obscurcit de nouveay ce q.ulon voij éclairci. . * Non’, lç fils d’un pêcheur ne parle point ainsi ;
Et sou ame fia roi t si d igné rirent formée ■- • > Que j’en crois plus que lui Terreur que j’ai scinée.
Je lo.soutiens, Carlos, vous n’êtcs point sou fils; La’ j ustice du ciel ne peut l’avoir permis r. , j
tjes tetidrcssés Üu saiig vbus fo.nt Une imposture;
IJt je démens pouf y oqs la voix delà riatiirql vous repentez point de tant dfe dignités • *
Dont il vous plutornersês rares qualités, \ Jamaisplus digh'e main ne fit plus dfgpe ouvrage,. Madame : il îes-rétè Ve avee çe^rnid cour'agej Et vous nç - leur pouviez trouver plus haut appui,
Pùfsqye mênrç le sort est au-dessous de lui.*’ ^
’l DO N A ISABELLE;' * *
En générosité qu’on tous 1rs trois j’admire Me met en un état de n’aVoir. que leur diçe,\
Et-, dans Ja nouveauté ce$ évértoruehs,
Paf uu illn^re çfiprt prévient mes scuymeus. •*.
*î . AC.TE/V^ SCENE VH . ]q5
Ils paroi tront eu vain , Comtes., s’ils vous estiment A lui reçulrtjthonneur que ses hauts faits mériten t Et ne dédaigner pas l'illustre et rare objet.
D’une haute valeur qui part d’un sang abjoet »
Xous courez au-devant avec tant de franchise, / . Qu autant que du pêcheur je m’en trouve surprise.
Et vous , que par mon ordre ici j’ai retenu >
Sanche, puisqu’il ce nom vous êtes reconnu , Miraculeux héros , dont la gloire refuse L avantageuse erreur d’un peuple qui-$’abusç v . Parmi les déplaisirs que vous en recevez, , • *. •
Puis-je vous consoler d’un.sort qpe vous bravez ? Puis-je vous demander ce que je vous vpis faire ?
Je vous tiens malheureux d’être ne’ d’un tel pèreg Mais je vous liens ensemble heufeux au dernief point D être né d’un tel père , et de n’en rougir point ,
Et de ce qu’un grand cœur, mis dans l’autre balance Emporté encor si haut une telle naissance.
s g È N’E . -vir - • ; • * ;
DONA ISABELLE, DOYA LÉOYOR, DOAA EI^YIRÉ, CARLOS, D, MANRjQÜE, D.
',LOPD, Dv AEVÀR,. BLANCHE. \
•*. ' Y. ‘ -D.-AtVA»..
Princesse-, admirez l’orgueil d’un prisonnier Qu’cn/avour de s.Qn fils ou veut calonuiictv *
Ce malheureux jêclnvir , par promesse m,<rain Ce , ïîesuuroit se résoudre à souffrir une frin te.
J ai vpuln lui parler , et n’en lais que. sortir;
J ai taché , mais en vain^ dfcluiiairc sentir* «■ .
Digitiz
•* B NftK frAN^pZ. . ’ • •
Combien mal ai propos sffpréseuce importune’ *
D r uu iifs si, généreux renverse la fortune , • , •
Et qui lfe perd d’honneur , à moiqjquc d’ayouer Que c’est un lâche tour qu’on le force àqouer ;
J’ai même à ccs raisons ajouté la menacer .*
Rien ne peut t ébranler , Sauclie e6t toujours-sa race ; Et quand à ce qu'il perd de fortune et d’honneur.,
Il dit qu’il a de quoi le faire grand seigueur ,
Et que.plus de eent fois il a su de sa femmgt * *
^Voycz qu’d est crédule et simple au fond' de l’amc! )' Que, voyant ce présent qu’en mes mains il a mis ,
La reine d’Aragon agrandirait son fils. * i • (A doua Léoner. )
Si vous le recevez avec autant de joie,
Madame , qûe par moi ce vieillard vous 1’envoic,
' Vous donnerez sâns doute à cet illustre fils Un rang encor plus haut, que celui de marquis.
Ce hou homme en parait famé toute comblée:
( Don A Iv a r présente à doua Lcotior un petitccrirt ,
* qui s’ ouvre sans ctef au moyen d J un ressort ' secret. )
* * V DOIU ISA1TELLE.
Madame, Jt cet aspect vous paraissez troubléel *
DO N A LÉONPP. •
J’ai bien sujet de l’être eu recevant ce don ,
Madame ; j’en saurai si mon fils vit, ou non; ,
,]Çt p’est oiile feurai, déguisant sanaissanoe,
D’un- sort si -précieux mit la recôiinoissa’hce. ^ Disons ce qu’il enferme ^Vant-que do i’oüvrir.
Aii I Sanclic , "fei par'là je puis le découvrir, . 1 *
. 'Vous
• lçx E. y, îME yw. • j rjrj
Vôus pouvez être sûr d’un entier avantage Dausî^s lieux. dont le ciel a fait nôtre partage;
• Et.qju’apricS- ce trésor que voue m’aurez Tendue * ' •Vous recèvrez le prix qui. vous en sera dû. '
Mais &.ce doux transport dest déjà'trop permettre, : Trouvons notre bonheur avant que d’en promettre»*. « Ce présent donc enferme un tissu de cheveux Que reçut don Ferflandpour arrjics de mes yœilx; Sbù portrait et le mieh, deux pierres les plus rares Qae jbrme lç soleil sous les dimats batbares ; *
' Et , pour un témoignage encore pluscertain, lin billet que lui-même écrivit.de sa main. ' -
* fV SCÈNE VII. ...
• • **' • »• rf*
DONA ISABELLE, DONALÉONOR, DON A JÇLVIRË, CARLOS, D.MANJUQÜE,D. LOPE, D. ALVAR , BLANCHE , TJ JS GAROU.