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' KV LECTEUR- • " ' -
Ne cherchez point'dans cette tragédie les ’agré- 'menS qui sont en possession çlé fairp réussir au' théâtre lçs poèmes de cette nature : vous n’y frouverez ni tendresse d’amour ^ ni emportemens de passions % ni descriptions pompeuses , ip narrations pathétiques. Je puis' dife toutefois qu’elle n’a point déplu, et que la dignité deSnOms il» lustrés, la grandeur de leurs intérêts ? et la nouveauté de quelques crfrattères , ofit süppléé au. manque de. ces grâces. Le sujet est simple , et du norçibre de ces événémens- connus où il ne nous ès| pas -permis de rien changer qu’au tant que la nécessité, indispensable de. les réduire dans la règle, nous- force d’en resserrer les* temps et les . lieux. Comme il ne m’afourni aucunes femmes t j-’ai été obligé de recourir à 1 ? invention pqur en introduire deux , a^setf compatibles J’uûe ot -/au-
tr« avec lé£ vérités .historiques auxquelles je me su-is attaché. JL’üne a vécu de ce temps-Ur; c’est
la première femme de Pompéé, qu’il répudia pour entret dans l’alliance de Sylla par le mariage d’jEfmilie , fille de sa femme. Ce divorce est couétant^parle rapport de tou 6 ceux qui ont écrit la vie de Pompée; mais aucun d’eux ne nous apprend ce que devient cette malheureuse j qu’ils appellent tous^ Antistie , à la réserve d’un espagnol’, évçque de Gironne , qui lui donne le nom d'Aristie, quej’ai préféré, comme plus doux;à l’oreille^ Leur silencé m’ayant laissé liberté- eqtrère de lui faire un refuge , j’ùi cru 11e lui en pouvoir choisir un avec" plus de Vraisemblance que che^les érinemis de ceux qui l*avoient outragée : cette retraite en a d’autant plus , qu’elle produit un effet véritable parles lettres des principaux de. Rome que je lui faiêperter à Serttjçius, et que Perpenna remit entre les maihs de Pojnpée, qui en usa comme je le marque. L’autre femme est une pure idée de mon esprit) mais qui île laisse pas d’avoir aussi quelque fondement dans l’histoire. Elle nous appreud que les $msitanieps appelèrent Sertorius d’Afrique pour être Jeur chef contre le parti jle Sylla ; mais elle ni; nous' dit -pojnt s’ils, étoient eu république , ou sods une mônarelrie. il.n’ÿ a donc rien qui sépu- •
^ . .DE CORNEILLE. Vf# ••
gnc à Icut donner une reine, et. je ne-la pou<ois l’aire sortir d’un sang plus çpnsidcvdblc quo celuf de Viriàtus ,. dont je lui fais porter le nom , le plus grand homme que l’Espagne ait oppose au* Romains, et le dernier qui leur ait fait tête dans ' ces provinces avant Sertorius. Il n’étoit pas roi en effet, mais il en avoit toute l’autorité; et les prêteurs et consuls que Rome envoya pour le conibSttrc , et qu’il défit souvent, Testimèrcdt
assee nonr faire des traités de paix avec ‘lui
• comme un. souverain et juste cuqemu Sa
mort arriva soixante et huit ans avant celle qnfc je traite; de sorte qu’il auroit pu gtre aïeul ou
bisaïeul de cette reinè que je fais pai^er ien
J % 1[ fut défait jtar le CQnsul Q. Servihus, et non * par Brutus , comme je l’ai fdit dire ii cette prinr*
cesse sur Ja foi de cet évéque espagnol que je viens de citer, et qui m’a jetc.chius l’erj eui* après Iqi, Êlle est aisée à corriger par le changement d’ûir mot dafis ce vers. unique qui en parle, et tfu’ilfafut rétablir ainsi :
• - El de âcmh'us l’astre nrcdonnuaBt. . . - *.
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• Je saié bien que Sylla , dont je parlé tant dansxe
• poèmé^ éloit mort six ans avait tSortori us,; niais, ï-ié prendre ^ la rigueur, fi est permisse jt fesser* les temps pour fait* l’unitê'du jour ; &tr, pouiyu
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Ql4 . ' , PRÉFACE . .• * - ‘ ^ &
qu’il n’y.ait pas d'impossibilité formelle, je puÎ6 - . *
-'faire arriver en yk jqur£ , voire en six heures , ce qui s’est passe' en gix-ans. Cela posé , rien n’empêche que Sylla ne meure avant Sèrtorlus , sans ; . rien détruire de ce que je dis ici, puisqu’il a pu mourir depuis qu’Arcas est parti de Rome pour % apporter la nouvelle de la démission de sa dictature, ce qu’il fait en même temps que Sertorius est assa£siué. Je dis de plus , que bien qqe nous . . devions être, assez scrupuleux observateurs de Jÿrdre des- temps, néanmoins pourvu que ceux . que noûs faisons parler se soient connus, et aient
• eq ensemble quelques intérêts à démêler, nous ne sommes-pas obligés à nous attacher si précisé-
• ment à la 'durée de leur vie. Sylla étoit mort
• quand Sertorius fut tué , mais il pouvoit vivre encore çans miracle, et l’auditeur , qui communément n’a qu’une teinture superficielle de l’histoire , s’offense rarement d’une pareille prolongation qui ne sort point de la vraisemblance. Jé ne voudrois pas toutefois faire une règle générale de cette licence , sans y mettre qûelqûe distiuc-
; tioh.- La mort de Sylla n’apporta aucun change- . ment aux affaires de Sertorius en Espagne y et lui fut de si peu d’iniportance , qu’il est malaisé,
- en lisant la vie de ce héros chez Plutarque J de remarquer lequel dc^deux est mort le premier,
. OE- CO-RNT ILEE. . 54 S i a
si Ton n’en est instruit d’ailleurs. Autre cliosc :
est de celles qui renversent les Jütats^délruiservt ,
Tes partis , et donnent une autre face aux affairés, comme a été celle de Pompée, qui feroit révolter tout l’auditoire contrer un auteur, s’il avoit l’imprudence de la mettre après celle de César. D’ailleurs il falloit colorer et excuser en quelque sorte la guerre que Pompée et les autres chefs romains continuoient contre Scrtorius; Car il est -assez malaisé de comprendre pourquoi l’on s’y obstinoit , après que la république sembloit être rétablie par la démission volontaire et la, mort de son tyran. Sans doute que son esprit de souveraineté, qu’il avoit fait revivre dafcs Rome, n’y étoit pas mort avec lui , et que Pompée et beaucoup d’autres , aspirant dans l’ame à prendre sa place , çraignoient que Sertorius ne leur y futur» puissant obstacle -, 1 ou par l’ambar qu’il’ avoit toujours pour sa patrie, ou par la grandeur desa réputation et le mérite de ses actions , qui lui eussent fait donner la préférence , si ce grand ébranlement de la république l’eût mise en état de ne se pouvoir passer de maître. Pour ne pas k déshonorer Pompée par cette jalousie secrète de squ-'ambition , qui semoit dès“-lors ce qu’on a. vu depuis éclater si hautement-, et qui peut-être étoit Jê. véritable motif.dè tetle -guerre y je inç
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J2»6 . PREFAtlp. •
suis persuadé qu’il étoit plus à propos de faije •vivre Syl\a , àfui d’en attribuer l’injustice à là' \ violence desa domination. Cela m’a servi de plus à arrêter l’effet de ce puissant amour que je lui fais conserver pour son Aristie , avec qui il n’eût pu se défendre de renoue^, s’il n’eût eu rien à craindre, du côté de Sylla , dont le nom odieux , mais illustre , donne un grand poids aux raisonncmcns de la politiquç , qui faiti’ame de toute celte tragédie. • ! . • :
^ Le même Pompée semble s’écarter uVi peu de la prudence d’un général d’armée v.Jorsque sur la loi de Sertorius il vient conférer avec lui daus une ville dont le chef du parti contraire.est maître absolu-; mais c’est une' confiance de généreux à généreux, et de romain à romain, qui lui donne quelque droit de ne craindre aucune siipai-che* •rie de la part d’un si grand'homiue. Çc n!est pas que. je ne veûille bien accorder aux critiqués^ qu’il n’a pas assez pourvu à sa propre sûreté*, mais J1 m’étoit impossible de garder l’unité de lieu.saus lui faire faire cette échappée , qu'il faut * imputer à l'incommodité dè la "règle ,-plus qu’à moi qui l’ai bien»vue. Si yous ne voulez 1? papdonnçr à l’impatience qu’il avoit de voir sa femme, • donrjc le-fai^ucore si passionné, étdf lâ'peifr qii’clle'Me prît un adiré çiari-, -faute dc savtrir sts-
* *P^ COBBEU'L^.'’ " ^ '
intentions pour elle, vous la pardonnerez au
plaisir qu on a pris a cette comereftce , que quelques-ûns des premiers dans la cour et pour Ta naissance et pour l’esprit , ont estimée 'autant qu’une pièce entière. Vous n’en serez pas désa- ' . voue' par Aristote ; qui souffre qu’on mette quel - - • quefois des chosçs sans raison sur le théâtre , quand il y a apparençe qu’elles Seront bien reçues, et qu’on a lieu d’éspércr que les avantages que le poème én retirera pourront mériter cette