‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 131 sur 187 · PERPENNA, AUFIDE · texte numérisé non relu

PERPENNA, AUFIDE

PERPENN A.

D’oumevientcedésordre,AuCde?etqueveut dire Que nion cœur sur mes vœux garde si peu d’empire? L’horreur que malgré moi me fait la traliisoh Contre tout mou espoir révolte ma raison;

Et de cette grandeur sur le crime fondée,

Dont jusqp’à ce moment m’a trop flatté l’idée; L’image tout affreuse au point d’exécuter Ne troûve plus en moi de bras à lui prêter;

En vain l’ambition qui presse mon courage D’un faux brillant d’honneur pare son noir ouvrage; En. vain , pour me soumettre à ses lâches efforts, Mon ame a secoué le joug de cent remords :

. Cette ame , d’avec soi tout à coup divisée ,

Reprend de ses remords la chaîne mal brisée;. .

•Et de SenlOrius le surprenant bonheur

Arrête une main prête k lui percer le cœur»

SERTOR.IT/ S.

AÜFIDE.

Quel honteux contre-temps de vertu délicate, * S’oppose au beau succès de l’espoir qui vous flatte? Et depuis quand, Seigneur, la soif du premier rang Craint-elle de répandre un peu de mauvais sang?

* Avez- vous oublié cette grande maxime,

Que la guerre civile est le règne du crime;

Et qu’aux lieux où le crime a plein droit de régner L’innocence timide est seule à dédaigner?

L’honneur et la vertu sont des noms ridicules : Marius ni Carbon n’eurent point de scrupules; Jamais Sylla, jamais....

PERPÉNNA. * , ‘ .

Sylla ni Marius

N’ont jamais épargné le sang 'de leurs vaincus; •*' . Tour à tour la victoire autour d’eux en furie , A poussé leur courroux jusqu’à la barbarie;

Tour à tour le ca^rnage et les proscriptions v Ont sacrifié Rome à leurs dissensions :

Mais leurs sanqlans discords qui nous donnent des maîtres , ' Ont fait des meurtriers, et n’ont pointfait dé traîtres; Leurs plus vastes fureurs jamais n’ont consenti Qu’aucun. versât le sang de son propre parti;

Et dans l’un ni dans l’autre auçtin n’a pris lVudapé D’assassiner son-chef pour montef en sa place.

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. Vous y renoncez donc, etm’êtcs plus jaloux •

' De suiv re des drapeaux d’un chef moindre que vous ? Ah ! s’il faut obéir ne faisons pjus'la guerre ; . ’ Prenons le même joug qu*a pris toute la térre.

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pourquoi tant de périls? pourquoi tantdecombals2 Si hous voulons servir, Sylla nous tend les bras.

C’e6t’mal vivre en romain que prendre loi d’un bbSnjneï* Mais, tyran pour tyran, il vaut mieux vivre à Romçj .

*• . ÎÏRPENNA. 1 ’ .. V;

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rois mieux ce que tu dis quand tu parles ainsi. ,**

Du moins la liberté respire encore ici V

I^é notre république à Rome anéantie V‘ ..

voit refleurit la plus noble partie*

£t cet asile ouvert aux illustres proscrits Réunit du sénat le précieux débris.

Par lui Sertorius gouverne ces provinces, ^V.‘

Leur impose tribut, fait des lois à leurs priijcq^ t* ' v Maintient de nos romains le reste indépendant. .

Mais comme tout parti demande un commandant, , . Ce bonheur imprévu qui partout l’accompague, •

Ce nom qu’il S’est acquis chez les peuples d'Espagne.*.. '

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