PERPENNA, AUFIDE
PERPENN A.
D’oumevientcedésordre,AuCde?etqueveut dire Que nion cœur sur mes vœux garde si peu d’empire? L’horreur que malgré moi me fait la traliisoh Contre tout mou espoir révolte ma raison;
Et de cette grandeur sur le crime fondée,
Dont jusqp’à ce moment m’a trop flatté l’idée; L’image tout affreuse au point d’exécuter Ne troûve plus en moi de bras à lui prêter;
En vain l’ambition qui presse mon courage D’un faux brillant d’honneur pare son noir ouvrage; En. vain , pour me soumettre à ses lâches efforts, Mon ame a secoué le joug de cent remords :
. Cette ame , d’avec soi tout à coup divisée ,
Reprend de ses remords la chaîne mal brisée;. .
•Et de SenlOrius le surprenant bonheur
Arrête une main prête k lui percer le cœur»
SERTOR.IT/ S.
AÜFIDE.
Quel honteux contre-temps de vertu délicate, * S’oppose au beau succès de l’espoir qui vous flatte? Et depuis quand, Seigneur, la soif du premier rang Craint-elle de répandre un peu de mauvais sang?
* Avez- vous oublié cette grande maxime,
Que la guerre civile est le règne du crime;
Et qu’aux lieux où le crime a plein droit de régner L’innocence timide est seule à dédaigner?
L’honneur et la vertu sont des noms ridicules : Marius ni Carbon n’eurent point de scrupules; Jamais Sylla, jamais....
PERPÉNNA. * , ‘ .
Sylla ni Marius
N’ont jamais épargné le sang 'de leurs vaincus; •*' . Tour à tour la victoire autour d’eux en furie , A poussé leur courroux jusqu’à la barbarie;
Tour à tour le ca^rnage et les proscriptions v Ont sacrifié Rome à leurs dissensions :
Mais leurs sanqlans discords qui nous donnent des maîtres , ' Ont fait des meurtriers, et n’ont pointfait dé traîtres; Leurs plus vastes fureurs jamais n’ont consenti Qu’aucun. versât le sang de son propre parti;
Et dans l’un ni dans l’autre auçtin n’a pris lVudapé D’assassiner son-chef pour montef en sa place.
;< / t - ; A>VFiDE. V - . v , \*
. Vous y renoncez donc, etm’êtcs plus jaloux •
' De suiv re des drapeaux d’un chef moindre que vous ? Ah ! s’il faut obéir ne faisons pjus'la guerre ; . ’ Prenons le même joug qu*a pris toute la térre.
Pourquoi
Digitiz
dv Goc
te
- ACTfe s"£ène r. *■ <' *«F*
j iT ■ ■ - î> i V .il *. «*V
pourquoi tant de périls? pourquoi tantdecombals2 Si hous voulons servir, Sylla nous tend les bras.
C’e6t’mal vivre en romain que prendre loi d’un bbSnjneï* Mais, tyran pour tyran, il vaut mieux vivre à Romçj .
*• . ÎÏRPENNA. 1 ’ .. V;
. ''SLiMlU ' "
rois mieux ce que tu dis quand tu parles ainsi. ,**
Du moins la liberté respire encore ici V
I^é notre république à Rome anéantie V‘ ..
voit refleurit la plus noble partie*
£t cet asile ouvert aux illustres proscrits Réunit du sénat le précieux débris.
Par lui Sertorius gouverne ces provinces, ^V.‘
Leur impose tribut, fait des lois à leurs priijcq^ t* ' v Maintient de nos romains le reste indépendant. .
Mais comme tout parti demande un commandant, , . Ce bonheur imprévu qui partout l’accompague, •
Ce nom qu’il S’est acquis chez les peuples d'Espagne.*.. '