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La parole suffit entre les grands courages.
D'un homme tel que vous la foi vaut cent otages; Je n en suis point surpris : mais ce qui me surprentj. C’est de voir que Pompée ait pris le nom de Grand,* Pour faire encore au vôtre entière déférence, * Sans vouloir de lieu neutre à cette conférence.
C’est avoir beaucoup fait que d’avoir jusque-là •«•Fait descendre l’orgueil des héros de Sylla. ./
SERTORIUS
S’il est plus fort que nous, ce n’est plus en Espagne,
Où nous forçons les siens de quitter la campagne,
Et de se retrancher dans l’empire douteux Que lui souffre* à regret une province ou deux,
Qu’à sa fortune lasse il craint que je n’enlève ,
Sitôt que le printemps aura fini la trêve.
V C’est l’heureuse union de vos drapeaux aux miens Qui. fait ces beaux succès qu’à toute heure j’obtieijs^ C’est à vous que je dois ce que j’ai de puissance : Attendez tout aussi de ma reconnoissance. . • • ‘Je reviens à Pompée, et pense deviner Quels motifs jusqu’ici peuvent nous l’amener.
Comme il trouve avec nous peu de gloire à préltendre c • JEt qu’au heu d’attaquer il a peine à défendre*, ,
Il voudroit qu’un accord, avantageux ou non, * -
L’affranchît d’un emploi qui ternit ce grand nom ;
Et chatouillé d’ailleurs par l’espoir qui le flatte tlk-faire avec plus d’heur la guerre à Mithridrttfc.
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Tl brûle d’être à Rome, afin d’en recevoir . * . ’ * . Du maître qu’il s’y donne et l’ordre et le pouvèiÉ^
.. ’ • perpesna!
d[’4urois cru qu’Aristie ici réfugiée ,
Que , forcé par ce maître , il a répudiée , * 4
Par un reste d’amour l’attirât en ces lieux , v
* Sous une autre couleur lui faire ses adieux ; ■'} ,
Car de son cher tyran l’injustice fut telle, . • **
; Qu’il ne lui permit pas de prendre congé d’elle. •
SERTORIUS
* Cela peut être encore j ils s’aimoient chèrement^; ' . ' Mais il pourroit ici trouver du changement.
•X’affrout pique à tel point le grand cœur d’xVristiej^ . Que sa première flamme en haine convertie ,
Elle cherche Lien moins un asile chez nous , *
Que la gloire d’y prendre un plus illustre époux. * C’est ainsi qu’elle parle, et m’ofl’re l’assistance De ce que Rome encore a de gens d’importance , ; Dont les nns scs parens , les autres scs amis ,
Si je veux l’épouser, ont pour moi tout piomis.
Leurs lettres en font foi, qu’elle me vient de rendra. Voyez avec loisir ce que j’en dois attendre ;
Je veux bien m’en remettre â votre sentiment. “
' PERPENNA
'Pourriez-vous bien, Seigneur, balancer un moment,
A moins d’une secrète et forte antipathie Quf vous montre un supplice en l’hymen d’ Aristie ? . - Voyant ce que pour dot Rome lui veut donner, - Vous n’avez aucun lieu de rien examiner. '
La reine Viriate à mon hymen aspire : * ..
Elle veut que ce choix de son ambition ' * De son peuple avec nous commence l’imion , '
Et qu’ensuite à l’envi mille autres hymenees .
•De nos deux nations l’une à l’autre enchaînées, ... ..
; Mêlent sibien le sang et l’intérêt commun, y .'
\ Qu’ils réduisent bientôt les deux peuples en un. ..
- C’est ce qu’elle prétend pour digne récompense v -,
-* -X) e nous avoir servis avec cette constance . •
Qui n’épargne ni biens ni sang de 6es sujets Pour affermir ici nos généreux projets :
• Non qu’elle me l’ait dit, ou quelque autre pour elle j«
• Mais j’en vois chaque jour quelque marque fidele;
Et comme ce dessein n’est plus pour moi douteux,
Je ne puis l’ignorer qu’autant que je le veux.
Je crains donc de l’aigrir si j’épouse Aristie ,
* Êt que de ses sujets la meilleure partie,
- Pour venger ce mépris et servir son court oux,
Ne tourne obstinément ses armes contre nous.
* Auprès d’un tel malheur, pour nous irréparable, ^
Ce qu’on promet pour l’autre est peu considérable j ‘ Et, sous un faux espoir de nous mieux établir, . . renfort accepté pourroit nous affoiblir. '
* • Voilà ce qui retient mon esprit en balance.
Je n’ai pour Aristie aucune répugnance j