‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 14 sur 187 · HÉRACLIUS, LÉONTINE, EUDOXE · texte numérisé non relu

HÉRACLIUS, LÉONTINE, EUDOXE

’ I1ERACLIUS.

Madame , il n’est plus temps de taire D’un si profond secret le dangereux mystère; ; r Le tyran , alarmé du bruit qui le surprend ,

Rend ma crainte trop juste et le péril trop grand :

Wpn que de ma naissance il fasse conjecture;

Au contraire, il prend tout pour grossière imposture^ Et me connoît si peu, que, pour la renverser, '

A l'hymen qu’il souhaite il prétend me forcer.

Il m’oppose à mon nom qui le vient de surprendre :

Je suis fils de Maurice; il m’en veut faire gendre, P ■ Et s’acquérir les droits d’un prince si chéri ,

En me donnant moi-mèmè à ma sœur pour mari.

En vain nous résistons à son impatience ,

Elle par haine aveugle , et moi par connoissance;

Lui , qui ne conçoit lien de l’obstacle éternel Qu’oppose la nature à ce nœud criminel,

Menace Pulchérie au refus obstinée ,

Lui propose a demain la mort ou Thyméuéc. r J’ai fait pour le fléchir un inutile effort ;

Pour éviter l’inceste elle n’a que la mort.

Jugez s’il n’est pas temps de montrer qui nous sommes, De cesser d’être fils du plus méchant des hommes, D’immoler mon tyran aux périls de ma sœur ,

Et de rendre à mon père un juste successeur.

LlioSTINE,

Puisque vous ne craignez que sa mort, ou l’inceste,

Je rends grâces, Seigneur, à la bonté céleste

iX HÉHACMUtl. ■ fî.ni'Y^

De * qu'en ce grand bruit le sort nous »» doux , Que nous n’attfe encor rien à craindre pour vous. Votre courage seul nous donne lieu 1 1 uanu Modérez-en l’ardeur , daignez vous y contraindre,

El puisqu’aucun soupçon ne dit rien a Phocas.

Sovez encor son fils, et ne vous montrez pas.

De quoi que ce tyran menace Pulchcric ,

J’aurai trop de moyens d’arrêter sa lune,

De rompre cet hymen , ou de le retarder ,

Pourvu que vous vcuilli® ne vous poml laserJer. Bépoudimoi de vous, cl je vous réponds d elle.

Il K R A C 1. 1 U S.

Jamais l’occasion ne s’offrira si belle.

Vous voyez un grand peuple a demi révolte ,

Sans qu’on sache l’auteur de cette nouy eaute.

Il semble que de Dieu la main appesantie ,

Se faisant du tyran l’effroyable partie ,

Veuille avancer par la sou juste cMtimen ,

Que, par un si grand bruit semé confusément , lï dispose les cœurs à prendre un nouveau maître , Et presse lléraclius de se faire connoitre.

C’est à nous de répondre à ce qu’il en preten.l : Montrons lléraclius au peuple qui l’attend ;

Évitons le hasard qu’un imposteur 1 abuse ,

Et qu’après s’être armé d’un nom que je rtfuae,

De mon trône à PhocaAous ce titre arraché Il puisse me punir de m’être trop cache Il ne sera pas temps, Madame, de lu. dire Qu’il me rende mon nom , ma naissance , et 1 empire , Ouand il sc prévaudra de ce nom déjà pris %

Pour me joindr e au tyrair dont je passe pour fils.

>i doux, V vous, ndre:

n’ndre; cas;

.aider,

Celle.

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