‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 15 sur 187 · ACTE II, SCÈNE I i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I i

LEONTINE.

ire,

Sans vous donner pour chef à celte populace , % Je romprai bien encor ce coup, s’il vous menace : Mais gardons jusqu’au bout ce secret important ; f iez-vous plus a moi qu’à ce peuple inconstant.

Ce que j’ai lait pour vous depuis votre naissance Semble digne, Seigneur, de cette confiance : ,

Je ne laisserai point mon ouvrage imparfait;

Et bientôt mes desseins auront un plein effet.

Je punirai Phocas, je vengerai Maurice :

Mais aucun n’aura part à ce grand sacrifice :

J en v eux toute la gloire, et vous me la devez. Vous régnerez par moi, si par moi vous vivez. Laissez entre mes mains mûrir vos destinées,

Et ue hasardez point le fruit de vingt années

EU d o x E.

Seigneur, si votre amour peut écouter mes pleurs, Ne vous exposez point au dernier des malheurs.

La mort de ce tyran, quoique trop légitime.

Aura dedans vos mains l’image d’un grand crime ; Le peuple pour miracle osera maintenir ’ Que le ciel par son fils l’aura voulu punir;

Et sa haine obstinée après cette chimère Vous croira parricide en vengeant votre père; '

La vérité n’aura ni le nom ni l’effet

Que d’un adroit mensonge à couvrir ce forfait;

Et d’une telle erreur l’ombre sera trop noire Pour ne pas obscurcir l’éclat de votre gloire.

Je sais bie^ que l’ardeur de venger vos pafèris..!

' 44. »i**CjnVS*

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Vous en êtes aussi, Madame, et je me rends;

Je n’examine rien, et n’ai pas la puissance V De combattre l'amour et la reconnoissauce.

Xe secret esta vous, et je serois ingrat Si sans votre congé j’osois en luire éclat , ?

Puisque , sans votre aveu , toute mon aventure Passeroit pour un songe ou pour une imposture.

Je dirai plus : l’empire est plus à vous qu a moi , Puisqu’à Léonce mort tout entier je le doi ;

C’est le prix de son sang , c’est pour y satisfaire Que je rends à la sœur ce que je tiens du li «. rc .

TN’on que pour m’acquitter par cette élection i Mon devoir ait forcé mou inclination;

Il présenta mon cœur aux yeux qui le charmèrent ;

Il prépara mon ame aux feux qu ils allumeient ;

El cos yeux tout divins, par un soudain pouvoir Achevèrent sur moi l’eflet de ce devoir.

1 Oui , mon cœur , cliere Eudoxe , a ce trône n aspi 1 <* Que pour vous # voir bientôt maîtresse de 1 empile.

Je 11c me suis voulu jeter dans le hasard Que par la seule soit de vous eu laire part.;

C’étoit ià tout mon but. Pour éviter l’inceste Je n’ai quVm’éloigner de ce climat funeste :

Mais si je me dérobe au rang qui vous est du, - Ce sera par moi seul que vous l’aurez perdu ;

Seul je vous ôterai ce que je vous dois rendre. Disposez des moyens et du temps de le prendle. Quand vous voudrez régner , faites-m’en possesseur; Mais comme enfin j’ai lieu de craindre nour ma sœur,

-fc.

JL/,

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