ACTE It, SCENE I K
• Pour qui de tous ces rois êtes-vous sans soupçon ?
A qui d’eux pouvez-vous confier ce grand nom.'
% % .• SERTORIUS
Jevoudrois faire un choix qui pût aussi vous plaire Mais, à ce froid accueil que je vous vois leur faire,
U semble que pour tous sans aucun intérêt....
.TV"- « viriate. .* • „
C’est peut-être, Seigneur, qu’aucun d’eux ne me pl Et que de leur haut rang la pompe la plus vaine SJefface au seul aspect de la grandeur romaine. ,*•
SERTORIUS
Si donc je vous offrois pour époux un romain? i v ;
r viriate. J*
Pourrois-je refuser un don de votre main ? * •
• , SERTORIUS. ’
J Vse après cet aveu vous faire offre d’un homme Digne d’être avoué de l’ancienne Rome.
Il en a la naissance, il en ale grand cœur,
Il est couvert de gloire , il est plein de valeur; \ - De toute votre Espagne il a gagné l’estime; Libéral, intrépide, affable, magnanime,
Enfin c’est Perpenna sur qui vous emportez.... ' •
VIRIATE
J’attendois votre nom après ces qualités ;
Les éloges brillans que vous daignez y joindre * \ Ne me permettoient pas d’espérer rien de moindre *Mais certes le détour est un peu surprenant : ' >*’ ' \ ous donnez une reine à votre lieutenant ! ' .
Si vos romains ainsi choisissent des maîtresses, f A vos derniers tribuns il faudra des princesse?^ .
- Madame...
SERTORIUS
SERTORIUS
V I R I A TE
Parlons net sur ce choix d’un époux.
Êtes- vous trop pour moi? suis-je trop peu pour vô\is? C’est m’offrir , et ce mot peut blesser les oreilles :
Mais un pareil amour sied bien à mes pareilles; r Et je veux bien , Seigneur , qu’on sache désormais^
Que j’ai d’assez bons yeux pour voir ce que je fais. .
- Je le dis donc tout haut, afin que l’on m’entende:
Je veux bien un romain , mais je veux qu’il commande; 3§t ue trouverons pas nos rois à dédaigner , „
N’etoit qu’ils savent mieux obéir que*réguer/
• Mais si de leur puissance ils vôus laissent l’arbitre, Leur foibfesse du moins en conserve le titre.
• Ainsi ce noble orgueil qui vous préfère à tous En préfère le moindre à tout autre qu’à VouS:
Car enfin , pour remplir l’honneur de ma naissance, ' Il me faudroit un roi de titre et de puissance ;
Mais comme il n’en est plus , je pense m’en det r oir Ou le pouvoir sans nom, ou le nom sans pouvoir.
SERTORIUS
J’adore ce grand cœur qui rend ce qu’il doit rendre Aux illustres aïeux dont on vous voit descendre f
• \A de moindres pensers son orgueil abaissé ;
. Ne soutiendroit pas bien ce qu’ils vous ont laissé.
• '"Mais puisque, pour remplir la dignité royale , *
V otre haute naissance en demande une égale, Perpcnna parmi uous est le seul dont le sang Ne„mt‘lcroil point d’ombre à la splendeur du rang ;
oqle
• • 'ACTE II, SCÈNE.tf. •• *.'î SW}/ -*
II descend de nos rois et de ceux d’Etrurie. ïv»,.. Pour moi, qu’un sang moins noble a transmis à la vie ; Je n’ose m’éblouir d’un peu de nom fameux, ' .4 Jusqu’à déshonorer le troue par mes vœux.
* Cessez de m’estimer jusqu’à lui faire injure :
Je ne veux que le nom de votre créature;
Un si glorieux titre a de quoi me ravir; ‘J®*? .
Il m’a fait triompher.en voulant vous servir; -;/ "Et malgré tout le peu que le ciel m’a fait naître.... • *