‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 144 sur 187 · VI»U TE · texte numérisé non relu

VI»U TE

Si vous prenez ce titre, agissez moins en maître; •

Qu m’apprenez du moins, Seigneur, par quelle foi - Vous n’osez m’accepter, et disposez de moi.

Accordez Je respect que mon trône vous donne ^ Aveccct attentat sur ma propre personne :

Von- toute mon estime, et n’en pas mieux user,

C’en est un qu’aucun art ne sauroit déguiser.

,Ne m’honorez donc plus jusqu’à me faire injure; Puisque vous le voulez, soyez ma créature; J* ,

Et me laissant en reine ordonner de vos vçcux Portez-lcs jusqu’à moi, parce que je le veux. ,

Pour votre Perpenna , que sa haute naissance N’affranchit point encor de votre obéissance ,

■ -Pût-il du sang des dieux aussi bien que des rois K Ne lui promettez plus la gloire de mon choix.

Rome n’attache point le grade à la noblesse :

Votre grand Marius naquit dans la bassesse;

. Et c’est pourtant le seul que le peuple romain Ait jusques à sept fois choisi pour souverain.

Ainsi, pour estimer chacun à sa manière,

Au saug d’un espaguol je ferois grâce entière; ♦,

*a4î r ‘* *•'. ^SERTORIUS. ^^.4 ^

• Mais parmi vos romains je prends peu garde au sang,

Quand j’y vois la vertu prendre le plus haut rang. Vous, si vous baissez comme eux le nom de reine, Regardez-moi , Seigneur , comme dame romaine ^

Le droit de bourgeoisie ix nos peuples donne Ne perd rien de son prix sur un front couronne.

. Sous ce titre adoptif, étant ce que vous êtes ,

Je pense bien valoir une de mes sujettes;

Et si quelque romaine a causé vos refus, je suis tout ce qu’elle est, et reine encor de plus. -Peut-être la pitié d’une illustre misère....

SERTORIDS. ’ ».,*■'

Jç vous entends, Madame; et, pour ne vous rien taire,

• J’avoùrai qu’Aristie....

*' \ viriate. . * "t

V * Elle nous a tout dit^

I". . Je sais ce qu’elle espère, et ce qu’on vous écrit. ' .

Sans y perdre de temps ouvrez votre pensée.

SERTORIUS

» f ;**▼ > ■ -jêl* — * C . . *

Au seul bien de la cause elle est intéressée.

Mais puisque, pour ôter l’Espagne à nos tyrans ,

' Nous prenons, vous et moi, des chemins dilféreus , . De grâce, examinez le commun avantage,

Et jugez ce que doit nn généreux courage.

Je traliirois, Madame, et vous et vos Etats,

De voir un tel secours, et ne l’accepter pas : ' .

Mais ce même secours deviendroit notre perte^ • S’il nous ôtoit la main que vous m avez oilei le, ^

Rt qu’un destin jaloux de nos communs desseins •

• Jetât ce grand dépôt eu de mauvaises maing.

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