‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 156 sur 187 · ACTE iri, SCÈNE n · texte numérisé non relu

ACTE iri, SCÈNE n

* » » , 3WB»,* II,

Maisportir revivre ailleurs dans sa première forcej A.\ ec les faux romains eHc a fait plein divorce I.t comme autour de moi j’ai tousses vrais appyjs, Rome n cstplus dans Rome; elleest toute où je^suis.

Pai Ions pourtant d accord. Je tic sais qu’une voie Qui puisse avec honueuu nous donner cette joie*

.- -Unissons-nous ensemble , et le tyran est bas :

Rome à ce grand dessein ouvrira tous ses bras.

Ainsi nous ferons voir l’amour de la patrie,

Pour qui vont les grands coeurs jusqu’à 1 l’idolâtrie;

uous épargnerons ces Ilots de sang romain Que \ ersent tous les ans votre bras et ma main/

POMPÉE

Ce projet, qui pour vous est tout brillant de-gloire,

JN auroil-il rien pour moi d’une action trop noire ? Moi qui commande ailleurs, puis-je servir sous vous ?

s ER t o ri us. • »

Un droit de commander je nesuis point jaloux :

Je ne 1 ai qu.en dépôt; et je vous l’abandonne,

Noji jusqu a vous servir de ma seule personne,

Je prétends un peu plus : mais dans cct.te union . De votre lieutenant m’envîriez-vous le nom ? *

P.OMPEE.

De pareils, lieutenans n’ont des chefs qu’en idée;

Leur nom retient pour eux l’autorité cédée ;

Us h em quittent que l’ombré; et l’on ne sai£ que c\;st Desuiyloou d’obéir que suivant qu’il leur plaît.

Je sais une autre voie, et plus noble, et plus sûre.

.’ Sylla , si vous voulez , quitte sa dictature; •

. R'- déjà de lui-même il en seroit démis, * *

S’il Voyoit qu’eu ces lieux il n!eùt plus d’eucèhïis.

jtü3 - 0 • •

Mottez les armes lias , je réponds île 1 issue ,

J’on dorme ma parole après l’avoiï reçue. » # .

Sivous êtes rqmain , prenez 1 occasion. * . .

Je ne. m'éblouis point rlc cette illusion. \ .

-•Je connois le twan , j’en vois le stratagème - r . ^

Quoi qu’il semble promettre , il est toujourslui-pume. Vous qu’li sa défiance il a sacrifié .

Jusqucs à vous forcer d’être sou allié.... *

roMïÉE.

ITclasï ce mot me tue , et, je le dis sans feinte , m C’est l’unique sujet qu’il m’a donné de plainte : J’aimois mon Aristie, il m’en'vient d’arrachér.

Mon Cœur frémit encor h me le reproche»:

Vers tant *de biens perdus sans cesse il me rappelle; Et je vous rends, Seigneur, mille .gr:\ces.pour elle,

A vous, à ce grand cœur dont la compassion Daigne ici l’honorer de sa protection.

SERTORIUS

Protéger hautement les vertus malheureuses ,

C’est le moindre devoir des âmes généreuses Aussi fais-je encor plus , je lui donne un épouse.

» ? ; -, POMPEE

.Un époux 1 Dieux! qu’entends-je? Et qui, Seigneur?

SERTORIUS

Moi.

POMPEE

Vous!

Seigneur , toute son ame est à moi dès l’enfance ! S'imitez point Sylla par cette violence ; -

• ' . y % ‘ A^T^uijiviïSïKf iv. uSg

Mes maux- sont assez grands, -sans *y joindre celui De Voir tout ce que j’aime entre les bras d’autrui.

SERTOHIl'S.

Tout est! encore à vous. • . / * ,

■Vf

5 CENE IIL

Page 1