‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 158 sur 187 · RIST · texte numérisé non relu

RIST

Qui , Seigneur, il est vrai que j’ai le cee.qr sensible ;

Suivant q'u’on m’aime ou liait. j’aimeou Hais àmou tour*

Et ma globre soutient ma haine et inôn autour.; ' •

•JVlaîï si de mon amour elle est la souveraine,

Ellq.n-’estpas toujours jj^îtf.esse de xna.haiqei

260 ^ . SB^OIUV*. ‘ V. ’ » V ' •

Je nie la suis pas même ; et je hais .quelquefois , * •

Et moins que je ne veux , et moins que jc'nd tlqis.

• V* * > POMPÉE. •'

Cette liainé a pour rhoi toute son Étendue, ",

Madhjue , et la pitié 11e l’a point suspendue ;

La générosité 11’a pu la modérer. ■' l

Vous 11e voyez donc pas quelle a peine à durer ?

Mon feu, qui n’est éteint que parce qu’il.doit l’être,

• Cherche en dépit de moi le vôtre pour, renaître;.

Et je sens qu’à vosygux mon courroux chancelant

. Trébuche , perd sa force, et meurt eu vous .parlant.

-M ’aimeriez-vous encor, Seigneur ?

tompée. . • • .T

. * Si je Vous aime!

Demandez si je vis , ou fi je suis moi-môme.

Votre amour est ma vie , cl ma ‘vie est à vqus,

Sortez de mon esprit, Vcssèntime.us. jaloux r ■Noi,rs enlaus du dépit , ennemis de ma gloire.

Tristes ressehtimens, je 11e veux plus vous crqire.

Quoi qu’onm’aitfaitd’outrage, ilnem’èusôuvientplus. Plus de nouvel hymen , plus de Sertorius.

Je suis au grand Pompée; et puisqu’il m’aime encore ,

* * Puisqu’il me rend son cœur, de nouveau je l’adore.

Plus de Sertorius.... Mais, Seigneur, répondez;*

' . Ta i tes parler ce cœur qu’eufin vous me rendez.

Plüs de Sertorius.... Hélas! quoi que je die ;

, ' Vous ne me dites point. Seigneur, pliis d'Emilie.

• Rentrez dans mon esprit, jaloux rcsseUtiniens ,

Fiers enfaiis de l’honucur , nobles emp.ortexneils :

A C T Et I II,. ‘S.eo E IV. " 30 1 . *

C’est vous, que je veux, croire ; et Pompée inGdèle •

Ne sauroit plus souffrir que ma haine chancelle;

.11 l’affermit' pour moi. Venez, Scrtorius,

Il me* rend toute à vous par ce muet refus. *

Donnons ce grand témoin à ce granddiyme’née;

Sou ame toute ailleurs n’en sera point gênée :

Il le verra «àns peine, et cette dureté ***.

• Passera.ehez Sylla pour magnanimité. * v"

pompée. *

Ce qu’il vous fait d’injure également m’outrage ;

Mais enfin je vous aime et ne puis davantage".

• Vousj si jamaisma flamme eutpour vous quelque appas,

Plaignez-vous, haïssez, mais ne vous donnez pas ; '

Demeurez en état d’être toujours ma femme , » • Gardez jusqu’au tombeau l’empire de mon ame.

Sylla n’a que son temps, il est vieil et cassé;

Son règne passera, s’il n’est déjà passé ;

Ce grand pouvoir lui pèse, il s’apprête, à le rendre. Comme à. Scrtorius, je veux bien vous l’apprendre."

Nç vous jetez donc point, Madame, en d’autres brai; Plaignez-vous, haïssez, mais ne vous donnez pas:' .

Si vous voulez ma main, n’eugagez point la vôtre.

aristie. *.

Mais quoi ! n’êtcs-vous pas entre les bras d’une autre?

POMPÏt.

Non , puisqu’il vous en faut confier le secret.

Eùiilie à Sylla n’obéit qu’à regret.

Des bras d’un autre .époux ce tyran qui l'arrache •

Ne rompt point dansson cœur le saint nœud quil’attaclie; Elle porte en ses flancs un fruit de cet amour,*. * • Que bientôt chez moi-même elle va mettre au joûr;. •

sçftTOiuv?»

. ï?t dans ce triste état, sa main qu’il m’a dqnnéc N’a fait que l’éblouir par un léinl hyméhéè,

Tandis que toute entière à son cliçr Glabriou,

Elle paroît ma femme , et n’eu a que le nom.

Et ce nom seul est tout pour celles de ma sorte. Rendez-le-moi, Seigneur, ce grandnomqu’efle porte. J’aimai votre tendresse et vos cmpressemens a Mais je suis au-dessus de ces attacliemens ; . •-

Et tout me sera doux, si ma trame coupée ' Me rend k mes aïeux en femme de Pompée;

Et que sur mon tombeau ce grand titre gravé , Montre à tout l’avenir que je l’ai conservé.

. J’en fais toute ma gloire et toutes mes délices;

Un moment de sa porte a pour moi des supplices. Vengez-moi de Sylla qui me l’ôte aujourd’hui,

Ou soufïrez.qu’on me venge et de vous et de lui; Qu’un autre hymen me rende un titre qui l’égale;

. Qu’il me relève autant que Sylla me ravale : * .

Non que je puisse aimer aucun autre que vous;

♦ Mais pour venger ma gloire il me faut un époux,

Il m’en faut un illustre, et dont la renommée...

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