PO U PEE
, Ah! ne vous lassez point d’aimer et d’être aimée. Peut-être touchons-nous au moment désiré .
Qui saura réunir ce qu’on a séparé.
Ayez plus de courage et moins d’impatience ; Souffrez que Sylla meure, ou quitte sa puissance...
ARISTIE
J.’ attendrai de sa mort ou de son repentir •
Qu’à me reudre l’honneur yous daigniez consentir!
ACTÊ 4 II, SCÈNE IV. , : .a63
Et je Verrai tou jouis votre cqpur plein.' de glacn.
Mon tyran impuni, ma rivale en ma place, * jusqu’à ce qu’il renonce au pouvoir absolu,
. Après l’ayoir garde tant qu’il l’aura voulu!
POMPEE. \
Mais tant qu’ilpourra tout, que pourrai-je , Madame ?
Suivre en tous lieux, Seigneur, l’exil de votre femme,
%' -La ramener chez vous avec vos levions,
Et 'rendre un heureux calme à nos divisions. ; • .
Que ne pourrez-vous point en tête d’une arrace ' Partout, hors de l’Espagne, à vaincre accoutumée? v - Et quand Sertorius sera joint avec nous ,
Que pourra le tyran ? qu’osera son courroux ?
POMPEE
Ce n’est pas s’affranchir qu’un moment le paroître ).
‘ IJi secouer le joug que de changer de maître*. * Sertorius pour vous est un illustre appui; ' ' Mais en faire le mien, c’estme rangèr sous lui;
Joindre nos étendards, c’est grossir son empire. ; .
. Perpenna qui l’a joint saura que vous en dire. * • .
. Je sers .-mais jusqu’ici l’ordre vient de si loin,
Qu’avant qu’on le reçoive il n’en est plus.besoin;
Et ce peu que j’y rends de vaine déférence, • *' "• Jaloux du vrai pouvoir, ne sert qu’en apparence.
Je crois n’avoir plus même à servir qu’un moment ;
Et quand Sylla prépare un si doux changement/ Pouvez-vous m’ordonner de me bannir de Rome,
Pour la remettre aujougsous les lois d’un autre homme, Moi qui ne suis jaloux de mon autorité *.
Que pour lui rendre un joui- toute sa liberté ? •
aÔ5| ' ' s er ro ai vs*:
Non, non, si vous m’aimez, comme j’aime à le croire, Vous saurez accorder votre amour et ma gloire, •Céder avec prudence au temps prêt a changer,
Et iie me perdre pas au lieu de vous venger.
• • - .A RI STI E
Si Vous m’avez aimée et qu’il vous en souvienne, Vous mettrez votre gloire à me rendre la mienne. Mais il est temps qu’un mot termine ces débats.- - Me voulez-vous, Seigneur? ne me voulez-vous pas? Parlez , que votre choix règle ma destinée.
Suis-je encore h l’époux à qui l’on m’a donnée? Suis-je à Sortorius ? C’est assez consulté ;
Rendez-moi me9 liens ou pleine liberté...
POMPÉE
Je lé vois bien , Madame; il faut rompre la trêve, Pour briser en vainqueur cet hymen, s’il s’achève;
Et vous savez si peu l’art de vous secourir,
Que pour vous en instruire il faut vqus conquérir. .
A RI STI ?
Sfcrtorius sait vaincre et garder ses conquêtes. .
•*' p-ôMrÉt.
La. vôtre à la garder coûtera bien des têtes ;
Comme éllè fermera la porte ù tout accord ,
Rien ne la peut jamais assurer que ma mort.
Oui, . j’en jure' les dieux, s’il faut qu’il vous obtienne, Rien ne peut empêcher sa perte, que la mienne; 'Etpeut-étre tous deux, l’un par l’autre percés,
• NqusVous ferons connoître à quoi vous nous forcez.
.Te ne sais pas, Soigneur, d’une telle importance.
D’à u très-soins éteindront celte ardeur de vengeance