‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 166 sur 187 · SERT O RI CS · texte numérisé non relu

SERT O RI CS

Oser ois-je eu prendre encor l’audace?

* , J . ' VIRJATE.

Prcnez-la , j’y consens , Seigueur j et dès dénia n ,

Au lieu de Perpenna , dounez-moi votre main. . SERTO R i tj s.

Que se tiendroit heureux un amour moins sincère Qui u’auroit autre bnt que de se satisfaire y ~ *.- Et qui se rémpliroit de sa félicité » A * ■ . *

Sans prendre aucun souci de votre dignité !

■ Mais quand, vous oubliez ce que j’ai pu vous dire ,

Puis-je oublier les soins d’agrandir votre empire . Que votre grand projet est celui de régner 1 v I RI a te.

. Seigneur , vous faire grâce , est-ce m’en éloigner ?; .

T v. ' 6 ER TOlfl v s. •

Ah! Madame , est-il temps que cette grâce éclate ?

" VI BT A T B. ’ . -.7^ .*

C’est cet éclat , Seigneur , que cherche Virialc.

sertoritjs. t.

Nous perdons tout Madame , à le précipiter.

. L’amour de Perpenna le fera révolter ;

.^Sou fiiez qu’un peu de temps doucement le ménagef . Qu’auprès d’un autre objet un autre autour TCDgage : Ues amis dMristie assurons le secours . r .

.1 force de promettre , en différant toujours. ;

CV}4' -, SJ&RTOR1US. - ,

Détruire tout l'espoir qui les tient en haleine,

C’est les perdre - , c’est mettre un jaloux hors de pemê

Dont l’esprit ébranlé ne se doit pas guérir »,

De cette impression qui peut nous 1 acquérir. Pourrions-nous venger Rojne apres de telles pertes ? fourrions-nous l’affranchir des misères souüerlcs 7 Et de scs intérêts un si haut abandon...., ..

Et que m’importe à moi si Rome souffre ou non ‘f Quand j’aurai de ses maux effacé l’infamie , v J’en obtiendrai pour fruit le nom de son amie J Je vous verrai consul m’en apporter les lois,

Et m’abaisser vous-même au rang des autres rois ?

, Si vous m’aimez, Seigneur, nos mers et nos montagnes Doivent borner vos vœux , ainsi que nos Espaguqs : Nou 6 pouvons nous y faire un assez beau destin ,

Sans chercher d’autre gloire au pied de l’Aventin. » Affranchissons le Tage , et laissons faire au Tibre.

La liberté n’est rien quand tout le monde est libre j Mais il est beau de l’être , et voir tout l’univers ^

Soupirer sous le joug , pt gémir dans les fers ;

XI est beau d’étaler cette prérogative .

Aux yeux du Rhône esclave et de Rome captive^

Et de voir envier aux peuples abattus Ce respect que lè sort garde pour les Vertus.

Quant au grand Perpenna , s’il est si redoutable ,

Remetlez-moi le soin de le rendre traitable :

Je sais l’art d’empêcher les grands cœurs de faillir.

SERT ORITJ S.

Mais quel fruit pensez-vous en pouvoir recueillir?

Page 1