‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 165 sur 187 · VIII \ T · texte numérisé non relu

VIII \ T

m’a dit qu’Aristie a manqué son projet,

Et que Pompée échappe à cet illustre objet.

Scroit-il vrai, Seigneur?

\ ~ SERTORIUS

Il est trop vrai, Madame; Mais, bien qu’il l’abandonne, il l'adore dans l’ame, Et rompra, m’a-t-il dit, la trêve dès demain ,

S’il voit qu’elle s’apprête à me donner la main.

REPERTOIRE. TOflie

•••*; SERTORIUS»

VI RI ATF.. , V

Vous vous alarmez peu d’une telle menace?^

* . SERTORIUS

* Ce n’est pas en effet ce qui plus m’embarrasse

* •* Mais vous, pour Perpenna qu’avez-vous résolu? •

VIRI ATE

* * D’obéir sans remise au pouvoir absolu;

< Et si d’une offre en l’air votre ame encor frappfp -

* Veut bien s’embarrasser du rebut de Pompée ,

. Il ne tiendra qu’à vous que dès demain tous deux De l’un et l’autre hymen nous n’assurions les nceuds; ‘ ’ Dût se rompre la trêve, et dût la jalousie „ • ‘ Jusqu’au dernier éclat pousser sa frénésie.

SEETOR I U S.

Vous pourrez dès demain.... \

» ■' V I RI AT E

. *-• Dès ce même moment.

* Ce n’est pas obéir qu’obéir lentement; -

Et quand l’obéissauée a de l'exactitude,

:■ , Elle voit que sa gloire est dans la promptitude*

SERTORIUS

’ Mes prières pouvoient souffrir quelques refus.

.* . Je les prendrai toujours pour ordres absolus. .

‘ * . .Qui peut ce qui lui plaît commande alors qunlifflre. D’ailleurs, Perpenna m’aime avec idolâtrie,

* Tant d’amour, tant de rois d’où son sang est venu,

*. Le pouvoir souverain dont il est soutenu , »%

Valent bien tous ensemble un trône imaginaire

* * • . /-I <1 trmic rtlî»

V^ieni u«ju f • , Kir. , .

« ' Qui ne peut subsister que par l’heur de vous plan e.

ir •

*ACTX . ir, SCENE II.

SERT O El US.

Je n'ai donc qu’à mourir en faveur de ce choix :

J’en ai reçu la loi de votre propre voix ;

C’est un ordre absolu qu’il est temps que j’entende. Pour aimer un romain, vous voulez qu’il commande; Et comme Perpenna ne le peut sans ma mort ,

Pour remplir votre trône il lui faut tout mon sor-Ç, • Lui donner votre main , c’est m’ordonner, Madame, De lui céder ma place au camp et dans votre amc:

Il Ç^t , il est trop juste , après un tel bonheur ,

Qu’il l’ail dans notre armée , ainsi qu’en votre encan J’obéis sans murmure, et veux bien que ma vié,£,\ . '

VIEIATE.

Avant que par cet ordre elle vous soit ravie , * . Puis-je me plaindre à vous d’un retour inégal Qui tient moins d’un ami qu’il ne fait d’un rival? Vous trouvez ma faveur et trop proinptcet tiôppleine'î 1 L’hymen où je m’apprête est pour vous une gêne J •. Vous m’en parlez enfin comme si' vous m’aimiez !

SEUTORItrS, •*'’ •

Souffrez, après ce mot, que je meure à vos pieds.

J f y veux bien immoler tout mon bonheur au Vôtre ; ■'Mais je ne vous puis voir entre les bras d’un autre f Et c’est assez vous dire à quelle extrémité •Me réduit un amour que j’ai mal écouté.

Bien qu’un si digne objet le rendît excusable ,

J’ai cruhontcux d’aimer quandon n’estplus aimable^ J'ai voulu m’en défendre à voir mes cheveux gris y ï!t me suis répondu long-temps de vos méprit.

Mais j’ai vu dans votre ame ensuite une autre icjéc ; Sur qui mon espérance aussitôt s’est fondée; “ *

-3.nl * SERTORirS.^ ,

El je me siûs proritis'bîeri plus qu’à tous Vos rois> Quand j’ài vu que l’amour jl’en feroit point le choix, J’allois me déclarer sans l’offre d’Aristie : U' .

Non que ma passion s’en soit vue alentie ;

, Mais je n’ai point douté qu’il ne fût d’un grand cœur De tout sacrifier pour le commun bonheur.

L’amour de Peipenua s’est joint à ces pensées :

' Vous avez vu le reste , et mes raisons forcées.

: Je m’étois figuré que de tels déplaisirs Pourroicnt ne me coûter quedeux ou trois soupirs;

■ Et, pour m’en consoler , j’envisageois l’estime Et d’ami généreux et de chef magnanime :

Mais , près d’un coup fatal, je senspar mes ennuis .

. Que je me promettois bien plus que je ne puis. .

* Je me rends donc, Madame ; ordonnez de ma vie ;»

. Encor tout de nouveau je vous la sacrifie.

Aimez-vous Perpenna ? ; ,

* . , , VIIII ATE.

* ‘ ’ Je sais vous obéir , ' *■» , .

Mais je ne sais' que c’est d’aimer ni de lia'ir; *

Et la part que tantôt vous aviez dans mon ame Eut un don de ma gloire, et non pas de ma flamme , Je n’en ai point pour lui, je u’eneus point pôurvous; Jo neveux point d’amant , mais je veux mi époux , Mais je veux un héros qui par son hyménée •

- 'Sache élever si haut le trône où je suis née-,

Qu’il puisse de l’Espagne être l’heureux soutien , ■ . Et laisser de vrais rois de mon sang et du sien.

Je le trouvois eu vous , n’eût été la bassesse • V •

Qui pour ce cher rival contre moi s’intéresse /

DigiU/AI

. .* acte i v, 'soÈnê *#.. . »:3 *

Et dont, quand je Vous mets au-dessus de cent rois -T 1 ne répudiée a mérité le choix. . • . -

•Je l’oublirai pourtant , ét veux votis faire grâce.

•* M’aimez- vous ? . "ù, .•*

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