‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 172 sur 187 · II. a voulu leur tète, et les a tous perdus · texte numérisé non relu

II. a voulu leur tète, et les a tous perdus

Pour moi, que tout mon camp sur ce bruit m’abandonne, Qu’il ne reste pour moi que ma seule personne, - *. Je me perdrai plutôt daus quelque affreux climat, * Qil’aller, tant qu’il vivra, briguer le consulat.

Vous...

stnTonitis.

PF. nPE«sl.

Ce n’est pas, Seigneur, ce qui me tient en peine. Exclus du consulat par l’hymen d’une reine..

Du moins si vos hontes m’obtiennent ce bonheur, t Je n’attends plus de Rome aucun degré d’hoimcur ;

Et banni pour jamais dans la Lusitanie , '

J’y crois en sûreté les restes de ma vie. '

* SERTORt us. % . • .

Oui: mais je ne vois pas encor de sûreté A ce que vous et moi nous avions concerte.

Vous savez que la reine est d’une humeur si frère...

‘ . Mais peut-être le temps la rendra moins altiere. y*- Adieu : dispensez-moi de parler la-dessus, p E R P E N n J'.

Tariez, Seigneur : mes vœux sont-ils si mal reçus ? Est-ce en vain que je l’aime, en vain que je soupûc .

SERTORICÏ.

. Sa retraite a plus dit que je ne puis vous dire.

PERPENS a.

Elle m’a dit beaucoup : mais,- Seigneur, achevez/

Et ne me cachez point ce que vous en savez.

Ne m’auriez-vous rempli que d’un espoir frivole?

SERTOR 1 US.

Xon , je vous l’ai cédée et vous tiendrai parole.

Je l’aime, et vous la donne encor malgré mon feu;

■ Mais je crains que ce don n’ait jamais son aveu,

Ou’ il n’attire sur nous d’impitoyables haines.

* •Que vous dirai-je enfin? L’Espagne a d’autres reines; Et vous pourriez vous faire un destin bien plus doux»

. $i vous faisiez pour moi ce que je fais pour vons. # ,

• ' ACTE.lV, SC&jVE III. 2$I

Celle des Y-acéfcris, celle des Ilcrgètcs ,

Reùdrôient vos volbntés bien plus tôt satisfaites;

La r.eiuc avec chaleur sauroit vous y servir.

* •• • perpenxa. ’ *■ *

Vous me l’avez promise et me l'allez ravir ! '\-à

„ SERTORIUS

Qnë sert que je promette et que je vous la donne, Quand son ambition l’attache à ma personne ?

A oÙ6 savez les raisons de cet attachement, •

Je vous en ai tantôt parlé confidemment; • .

Je vous en fais encor la même confidence.

Faites à- votre amour un peu de violence ; * i

J’ai triomphé du mien ; j’y suis encor tout prêt :

Mais , S'il faut du parti ménager l’intérêt,

Faut-il pousser à bout une reine obstinée,

Qui veutfaire à son choix toute sa destinée,

Et de qui le secours, depuis plus de dix aus, v Néus a mieux soutenus que tous nos partisans? .

PERPENNA

Là trouvez-vous, Seigneur; en état de vous nuire?

SERTORIUS

Non , elle ne peut pas tout à fait nous détruire ;

Mais si vous m’enchaînez à ce que j’ai promis,

Dès demain elle traite avec nos ennemis.

Leur camp n’est que trop proche; ici chacun murmurç: - Jugez ce qu’il faut craindre en cette conjoncture.;

Voyez (fuel prompt remède on y peut apporter,

Et quel fruit nous aurons delà violenter, rniPENNA.

C’est à moi de me vaincre, et la raison l'ordonne:

Mais d’ilu sigrand dessein tout moii cœur qui frissonne...

SERTOr.IÜS. . ,

SE RT O R lUÿ. ’ .

Ne vous contraignez point j dùtm’en coûter le jour,

Je tiendrai ma promesse en dépit de l’amour.

' ► rERPENNA.

Si vos promesses n’ont l’aveu de \ iriatc...

Je ne puis de sa part rien dire qui vous flatte.

* •* PERPENN A.

Je dois donc me contraindre, et j’y suis résolu.

Oui , sur tous mes désirs je me rends absolu ; . ..

J’çn veux, à votre exemple, être aujourd’hui le maître; Et malgré cet amour que j’ai laissé trop croître,

Vous direz à la reine...

SERTOR1US.

Eh bien, je lui dirai?

PERPENNA

Rien, Seigneur, rien encor; demain j’y penserai. Toutefois la colère où s’emporte son ame Pourroit dèseette nuit commencer quelque trame. Vous lui direz, Seigneur, tout ce que vous voudrez; Et je suivrai l’avis que pour moi vous prendrez.

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