‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 174 sur 187 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

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• SCÈNE I

v ARÏSTIE, VIRUTE.*.

A niSTlE.

ci , Madame , j’en suis comme Vpus ennemie :

Vous aimez les grandeurs, et je hais l’infamie. „ ,.

Je chercheà me venger; vous, à vous établir:

Mais yb Us pourrez me perdre, et moi vous aftoiblir, Si le cœur mieux ouvert ne met d’ intelligence Votre établissement avecque ma vengeance, ’ *. On m'a voJé Pompe'e; et moi , pour le braver ' . . Cet ingrat que sa foi n’ose me conserver,

Je cherche un autre époux qui le passe ; ou l’égale : Mais je n’ai pas dessein d’être votre rivaje ^ . - ' Et n’ai point dû prévoir, ni que vers un rorffajij^ Une reine jamais daignât pencher sa rnaip^* s - v * ‘ «JVhqu’un héros dont l’ame a paru si romaine Démentît ce grand nom par l’hy men d’une reine. J’ai-xnl dans sa. naissance et.votré dignité \ i Pareille aversion et contraire fierté. • ’ ;

Cependant on me dit qu'il consent i’hy menée,

Et qu’en v%in il" s’oppose au choix delà journée,

• Puisque ; si dès demain il n’a tout son éclat,'

' Vous allez du parti séparerrvotre Etat. • . .

Cômpie je n’ai pour but que d’en grossir les forces> J’aurais grand déplaisir causer 'des divorces,

SE^TORrr y. ACTE V, SCENE I. ' ,s85

Et de. Servir Sylla mieux que tous ses amis ,

Quami je lui veux partout faire des ennemis.

Parle* <J onlc : quelque espoir que vous m’ayez vu prendre j Si vous y préte'ndez , je cesse d’y prétendre. +- .*■

Un reste d’autre espoir, et plus juste^etplus doux,. Saura voir sans chagrin Sertorius à vous.

Mon cœur veut à toute heure immoler à Pompée * .* Tous les ressentimens de ma place usurpée^ V\ Et comme son ampur eut peine à me trahir,

J’ai voulu me yjenger, et n’ai pu le haïr. • \

Ne me déguisez rien , non plus que je déguise. * ..

* , y TRIA TE.

Vimte h son tour vous doit même franchise , ' ; Madame;etd’ailleursmêmeonvousenatropdit, - Pour vous dissimuler ce que j’ai dans l’esprit.

J’aï fait venir exprès Sertùrius d’Afrique Pour sauver mes Etats d’un pouvoir tyrannique. * Et mes voisins domtés m’apprenoient que sans lui * Nos rois contre Sylla n’étoient qu’un vain appui.

Avec un 6eul vaisseau ce grand héros prit terré;

Avec mes sujets seuls il commença la guerre : ' v

Je mis entre ses mains mes places et mes ports , *

Et je lui confiai mon sceptre et mes trésors.

I)èS l’abord il sut vaincre , et j’ai vu la victoire Enfler de jour eiï jour sa puissance et sa gloire. \ 1 -• • Nos rois laSsés du joug, et vos persécutés , .* «•

Avec tant de chaleur l’ont joint de tous côtés , Qu’ehfin il a poussé noS armes fortunées Jusqucs ù Vous réduire au pied des Pyrénées. ■ ' ’•

Mais, après l’avoir mis an point où je le vois , • •

Je ne ptiis voir qhe Iiti qaF soit digne d?f moi') — • ’ ’ • * * *

SF.RTORIUS. . •

Et regardant sa glôi re ainsi 411c mou Qùvrage ,

Je périrai plutôt qu’une autre la partage.

Mes sujets valent bieu que j’aime à leur donner Des monarques d’un sang qui sache gouverner,

Qui sache faire tête à vos tyrans du monde ,

Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde ,«

* J Qu’eu voie un jour le Pô redouter ses efforts*,

Et le Tibre lui-même *n trembler pour ses bords.

ARISTIE

. Votre dessein est grand ; mais k quoi qu’il aspire,...

v 1 ai aie. • •

.'Il m’a dit les raisons que vons me voulez dire.

3e sais qu’il scroit bon de taire et différence glorieux hymen qu’il me fait espérer :

Maisla paix qu’aujourd’hui l’on offre h ce grand homme , Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.

0 Je vois que , s’il y rentre, il est perdu pour moi,

. Et je l’en veux bannir par le don de ma foi.

Si je hasarde trop de m’être déclarée , '•

J’aime mieux ce péril que ma perte assurée;

Et si tous vos proscrits osent s’en désunir , •

Nos bons destins - sans eux pourront nous soutenir. Mes peuples , aguerris sous votre discipliné ,

. N’auront jamais au cœur de Rome qui domine;

; Et ce sont des romains dont l’unique souci Est de combattre, vaincre , et triompher ici.

Tant qu’ils verront marcher ce héros à leur tète,

Ils iront sans frayeur de conquête en conquête.

.,Un exemple si grand dignement soutenu,

. • Saura;... Mais que nous veut ce romain inconnu?

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