‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 21 sur 187 · TT · texte numérisé non relu

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J ai/pris pour vous sa vie, et lui rend un soupir ;

Ce n’est pas trop , Scigueur, pour un tel souvenir :

A cet illustre effort par mon devoir réduite ;

J’ai domté la nature , et ne l’ai pas détruite.

PJiocas, ravi de joie à cette illusion, /

Me combla de faveurs avec profusion,

Et nous fit de sa main celte haute fortune Dont il n’est pas besoin que je vo~us importune.

^ oila ce que mes soins vous laissoient ignorer;

Et j’attendois, Seigneur, à vous le déclarer,

Que par vos grands exploits, votre rare vaillance Put faire à l’univers croire votre naissance,

Et qu’une occasion pareille à ce grand bruit * • Nous pût de son aveu promettre quelque fruit j ■* Car, comme j’ignoyois que notre grand monarque En eût pu rien savoir, ou laissé quelque marque,

Je doutois qu’un secret n’étant su que de moi,

Sous un tyran si craint pût trouver quelque foi. - EXUPÈre.

Comme sa cruauté, pour mieux gêner Maurice,

Le forçoit de ses fils à voir le sacrifice ,

Ce prince vit l’échange, et l’aUoit empêcher;

Mais l’acier des bourreaux fut plus prompt à trancher: La mort de votre fils arrêta cette envie,

Et prévint d’un moment le refus de sa vie.

Maurice, à quelque espoir se laissant lors flatter,

S’en ouvrit à Félix qui vint le visiter,

Et trouva les moyens de lui donner ce gage Qui vous en put un jour rendre un plein témoignage. Félix est mort , Madame ; et naguère en mourant Il remit ce dépôt à son plus cher parent ;

5o ■ reracliüs.

Et m’ayant totit conté , « Tiens , dit-il , Exupere ,

Sers ton prince , et venge tou porc. »

Armé d’un tel secret , Seigneur, j’ai voulu voir (Combien parmi le peuple il auroit de pouv oii :

J’ai fait semer ce bruit sans vous faire connoître j Et voyant tous les cœurs vous souhaiter pour maître, J’ai ligué du tyran les secrets ennemis,

Mais sans leur découvrir plus qu’il ne m est permis. a Ils aiment votre nom, sans savoir davantage,

Et cette seule joie anime leur courage, Sans*qu’autresqueles deux qui vous parloient la-bas De tout ce qu’elle a fait sachent plus que I liocas. Vous venez de savoir ce que vous vouliez d elle j

* C’est à vous de répondre à son généreux zèle.

Le peuple est mutiné, nos amis assemblés ,

Le tvran effrayé, ses confidens troublés.

Donnez l’aveu du prince à sa mort qu’on apprête ,

Et ne dédaignez pas d’ordonner de sa tète.

m a u t i A n , se croyant Béraclius.

Surpris des nouveautés d’un tel événement,

Je demeure à vos yeux muet d étonnement.

Je sais ce que je dois, Madame , au grand ser'v ice Dont vous avez sauvé l’héritier de Maurice.

Je croyois comme fils devoir tout a vos soins,

* Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins : Mais, pour vous expliquer toute ma gratitude,

Mon ame a trop de trouble et trop d inquiétude. J’aimois, vous le savez, et mon cœur enflammé ’ Trouve enfin une sœur dedans l’objet aimé.

Je perds une maîtresse en gagnant un empire :

Mon amour en murmure, et mon cœur eh soupire,

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