‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 44 sur 187 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

Je vous sauvai la vie, et ne la perdis pas;

Et pour moi vous cherchez un assuré trépas !

Ah! si vous m’eu devez quelque reconnoissancç, Prince, ne m’ûtez pas l’honneur de ma naissance, Avoir tant de pitié d’un sort si glorieux,

De crainte d’être ingrat ; c’est m’être injurieux, p h o c a s.

En quel trouble me jette une telle dispute!

A quels nouveaux malheurs m’expose-t-ellocn butté ! Lequel croire, Exupère, et lequel démentir ?- Tombé-je dans l’erreur , ou si j’en vais sortir?

Si ce billet est vrai, le reste est vraisemblable.

EXUPERE.

Mais qui sait si ce reste est faux ou véritable ?

* v ' . ' ■ 1 PH oc AS.

Léontine deux fois a pu tromper Phocas.

EXUPERE.

Elle a pu les changer , et ne les changer pas :

Et plus que vous; Seigneur, dedans l’inquiétude,

Je 11e vois que du trouble et de l’incertitude.

HERACLIUS

Ce n’est pas d’aujourd’hui que je sais qui je suis : Vous voyez quels effets en ont été produits.

Depuis plus de quatre ans vous voyez quelle adresse J’apporte à rejeter l’hymen de la princesse ,

Où sans doute aisément mon cœur eût couseuti,

Si Léontine alors ne m’en eut averti.

Léontine?

MARTI AN

EUe-nvmxe.

RÉPERTOIRE. Tomé III

U ER ACLIUS.

, 'Tt'l!

HtnACtius.

MARTI AN. 4

Ah ciel! quelle est sa ruse î ^îartiau aime Eudpxe , et sa mère l’abuse»

Par l’horréflr d’un hymen qu’il croit incestueux, De ce, prince à sa fille tllc assure les voeux; .

Et son ambition , adroite à le séduire,

Le plonge en uue erreur dont elle attend l’empire. Ce n’est que d’aujourd’hui que- je sais qui je suis , Mais de mon ignorance elle espéroit ces fruits.

Et me tiendroit encor la vérité cachée , -*

Si tantôt ce billet ne l’en eût arrachée.

p u oc as, à Exupère. ■' •*

La méchante l’abuse aussi bien que Phocas.

EXUpÈRE.

Elle a pu l’abuser, et ne l’abuser pas. - *

PHOCAS

Tu vois comme la fille a part au stratagème.* exupÈre.

Et que la mère a pu l’abuser elle-même. .

PHOCAS

Que de pensers divers! que de soucis ûottans !

EXUPERE.

Je vous en tirerai, Seigneur, dans peu de temps. » \ ' • ; puoc as.-

Dis-moi , tout est-il prêt pour ce juste supplice ?

" ' • EXUPÈR.E.

Oui, si nous connoissions le vrai fils de Maurice.

’• ÜERACLIUS. '- i . • -

Pouvez-vous en douter après ce que j’ai dit?

M A R TI AN

Donnez-vous à l’erreur encor quelque crédit ?

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