ACTE IV, SCENE IV
hérac litts , à Marlian .
Ami , rends-moi mon nom : la faveur n’est pas grande ; Ce 11’est que pour mourir que je te le demande. Reprends ce triste jour que tu m’as racheté,'
Ou rends-moi cét honneur' que tu m’as presque ôté.
MARTI A N
Pourquoi, de mon tyran volontaire victime , Précipiter vos jours pour me noircir d’un crime? Prince , qui que je sois, j’ai conspiré sa mort ;
Et nos noms au dessein donnent un divers sort : Dedans Héraclius il a gloite'solide^ y
Et dedans Martian il devient parricide.
Puisqu’il faut que je meure illustre , ou crimiqel , Couvert ou de louange , ou d’opprobre éternel ,
Ne souillez point ma mort, et ne veuillez pas faire Du vengeur de l’empire un assassin d’un père.
HÏRACLI U^S. ' / ' ( •
Mon nom seul est coupable, et , sans plus disputer, Pour te faire innocent tu n’as qu’à le quitter Il conspira lui seul; tu n’en es point complice.
Ce n’est qu’Iléraclius qu’on envoie au supplice.
Sois son fils , tu vivras. . "
MARTIAN. -
Si je l’avois été,
Seigneur, ce traître en vain m’auroit sollicité;
Et lorsque, contre vous il m’a fait entreprendre,
La nature en secret auroit su m’en défendre.
V v HÉRACLIVS^ . . *
Apprends donc qu’en secret mon cœur t’a prévenu.
J’ai voulu conspire^, mais on m’4r retenu y • .
8o UliRACLHJS. •
Et dedans mon péril Léontine timide....
SI ART I A N r • - ^
N’a pu voir Martian commettre nn parricide.
uÉraclius.
Toi i que de Pulchérie elle a fait amoureux,
Juge sous les deux noms ton dessein et tes leux.
Elle a rendu pour toi l’un et l’autre funeste , ,
Martian parricide, Iléraclius inceste,
Et n’cùtpaseupourmoi d’horreur d’un grand forfait Puisque dans ta personne elle en pressoit 1 effet. Mais elle m’empèchoit de hasarder ma tête.
Espérant par ton bras me livrer ma conquête.
Ce favorable aveu dont elle t a séduit T’exposoit aux périls pour m’en donner le fruit , Et c’éloit tou succès qu’attendoit sa prudence , Pour découvrir au peuple ou cacher ma naissance, p u oc AS.
Hélas! je ne puis voir qui des deux est mon fils;
Et je vois que tous deux ils sont mcs.ennentis.
En ce piteux état quel conseil dois-je suivre?
J’ai craint un ennemi,' mon bonheur me le livre ; Je safs que de mes mains il ne se peut sauver,
Je sais que je le vois , et ne le puis trouver.
La nature tremblante, incertaine, étonnée,
D’un nuage confus couvre sa destinée:
L’assassin sous cette ombre échappe a ma rigueur, Et , présent à mes yeux , il se cache a mon coeur. Martian!... A ce nom aucun ne veut répondre,
Et l’amour paternel ne sert qu’à me confondre. Trop d’un Iléraclius en mes mains est remis ;
Je tiern jnon ennemi , mais je n’ai plus de fils.