DONA LE ON O B
Après tant de malheurs , enfin le ciel propice S’est résolu^ ma fille , à nous faire justice ;
Notre Aragon , pour nous presque tout révolté, Enlève à nos tyrans ce qu'ils nous ont ôté. ' > Brise les fers honteux de leurs injustes chai nés, Se remet sous nos lots, et reconnoît ses reines , Et par ses députés , qu’aujourd’hui l’on attend, Rend d’un si long exil le retour éclatant.
Comme nous , la Castille attend cette, journée Qui lui doit de sa reine assurer l’hyménée :
Nous l’allons voir ici faire choix d’un époux. Que ne puis-je , ma fille ,en dire autant de vous
rx{ bon SANCur.
'Aous allons en des lieux sur qui vingt ans d absence Nous laissent une foible et douteuse puissance :
Le trouble règne encore où vous devez régner ;
Le peuple vous rappelle , et péut vous dédaigner y Si vous ne lui portez, au retour de Castille ,
Que l’avis d’une mère , et le nom d’une fille.
D’un mari valeureux les ordres et le bras Sauroicnt bien mieux que nous assurer vos Etats ,
Et par des actions nobles., grandes et belles ,
Dissiper les mutins, et domter les rebelles.
Vous ne pouvez manquer d’amans dignes de vous y Qn aime votre sceptre , on vous aime; et, sur tous y Du comte don Alvar la vertu non commune Vous aima dans l’exil et durant l’infortunp.
Qui vous aima sans sceptre , et se fit votre appui , Quand vous le recouvrez, est bien d'S ne de 1°*-