ACTE I
SCÈ*iOt ITT.
Flatter l’espoir du roi , donner temps à sa flamme De pouvoir, malgré lui , tyranniser son ame ,
Gagner l’esprit de Phèdre, et me débarrasser D’un hymen dont peut-être on m’aurôit fait presser, p i r i t n o ü s.
Mais me voici dans Naxe, et , quoi qu’on puisse faire , Votrer infidélité ne saur oit plusse taire.
Quel prétexte auriez-vous encore à différer ?
THÉSÉE
Je me suis trop contraint, il faut me déclarer.
Quoi que doive Ariane en ressentir de peine ,
Il faut lui découvrir que son hymen me gêne ,
Et pour punir mon crime et se venger de moi ,
La porter , s’il se peut , à faire choix du roi.
Vous seul , car de quel front lui confesser moi-même Qu’en moi c’est un ingrat, un parjure qu’elle aime?.... Non, vous lui peindrez mieux l’embarras de mon cœur. Parlez; mais gardez bien de lui nommer sa sœur. Savoir qu’une rivale ait mon ame charmée,
La chercher , la trouver dans une sœur aimée ,
Le seroit un supplice, après mon changement,
A faire tout oser à son ressentiment.
Ménagez sa douleur pour la rendre plus lente:
. Avouez-lui J’amour , mais cachez^ui l’amante.
Sur qui que ses soupçons puissent ailleurs tomber,
Phèdre à sa défiance est seule à dérober.
Je tairai ce qu’il faut; mais comme je condamne Votre ingrate conduite au regard d’Ariane,
ARlANÏ.
N’attendez point de moi que pour vous dégager Je lui parle du feu qui vous porte !» changer.
C'est un aveu honteux qu’un autre lui peut faire. Cependant, mon secours vous étant nécessaire ,
Si sur l’hymen du roi je puis être écouté, , • J’appnîrai le projet dont je vous vois flatté. »» Phèdre vient, je vous laisse.
*• ** -K'. t h és i e. ^ V/'
O trop charmante vue î