‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 114 sur 200 · ACTE. V'*SCÈîiE Vflj · texte numérisé non relu

ACTE. V'*SCÈîiE Vflj

Las Je vivre , accablé des' plus mortels ennuis , En courant à la mort ce sont eux que je fuis; . Et s’il m’en peut rester quand je l’aurai soufferte, (Test de voir que, déjà triomphant de ma perte, Mes lâches ennemis lui feront éprouver... »

On ne lui donne pas le loisir d’achever :

On veut sur l’échafaud qu’il paroisse. Il y monte*; Comme il se ditsans crime , il y paroît sans hônle; Et , saluant le peuple , il le voit tout eu pleurs Plus vivement que lui ressentir ses malheurs.

Je tâche cependant d’obtenir qu'on* diffère Tant que vous ayeï su ce que l’on ose faire.

Je pousse mille cris pour me faire écouter;

Mes cris hâtent le coup que je pense arrêter.

Il se met à genoux , déjà le fer s’apprête ;

D’un visage intrépide il présente sa tête,

Qui du tronc séparée... r , !

ELISABETH

Ah ! ne dites plus rien :

Je le sens , son trépas sera suivi du mien.

Fi ère de tant d'honneurs, c’est par lui que je règne; C’est par lui qu’il n’est rien où ma grandeùr n’atteigne ; Par lui, par sa valeur, ou tremblans j ou défaits,

Les plus grands potentats m’ont demandé la paix:

Et j’ai pu me recoudre... Ah ! remords inutile!

Il meurt , et par toi seule , ô reine trop facile!

Après que tu dois tout à' ses fameux exploits,

De son sang pour l’Etat répandu tant de fois,

Qui jamais eût pensé qu’un arrêt si funeste •’

Dut sur un échafaud faite yerser le reste ? .

. i.flÊ in»

r66 le Comité d’essex. Acte t , scène viii.

Sur un échafaud, ciel ! quelle horreur ! quel reyers ! Allons, Comte; et du moins aux yeux de l’upivers Faisons que d’un infâme et rigoureux suppliée Les honneurs du tombeau réparent l’injustice. v Si le ciel il mes vœux peut se laisser toucher.

Vous n’aurez pas long-temps ii me la reprocher.

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