ACTE U , SCÈNE t. I
Car j’sis hasardeux, moi : qu’en me mette en boutade,
Je vas, sans tant d’raisons, tout à la débandade.
Je savas bian pourtant c’que j’faisas d’en par là :
Queuque gniais ! Enfin don , j’non pas putôt mis , via Que j’ voyons tou t à plain comm’ deu zomme à la nage Nous faision signe , et moi , sans rien dir’ davantage ,
De prendre le zenjeux. Allon, Gros-Jean , allon,
C’ai-je fait , vois-tu pas comme i nous zappelon ?
I s’vontnayer. Tant mieux , c’ma-l-ifait , je m’en gausse ,
I m’antfait perdre.* Adon, le tirant pa lé chausse,
J'I’ai si bian sarmoné , qu’à la parfin vars eux .
J’avon dans une barque avironné tou deux ;
Et pis , cahin caha, j’on tant fait que je somme Venus tout contre; et pis j’ies avons tirés, comme Ils aviont quasi bu déjà pu que de jeu.
Et pis j’ le zon cheu nous menés auprès du feu ,
Où je'l’zon vus tou nus sécher leu zoupelande ;
Et pis, il en est v’nu deux autres de leu bande,
Qui s’équian , vois-tu bian, sauvés tousseuls ; et pis , Mathurine est venue à voir leu biau zabits ;
Et pis i liont conté qu’ai n’étoit pas tant sotte ,
Qu’ai avoit du malin dans l’œil; et pis , Charlotte ,
Vl’à tout comm’ ça s’est fait pour te 1’ dire en un mot.
CHARLOTTE
Et ne m’disois-tu pas qu’glien ayoit un , Piarrot ,
Qu’étoil bian pu mieux fait que tretous ?